top of page

Il y a un an...

  • Photo du rédacteur: catherineyautier1
    catherineyautier1
  • 2 août 2016
  • 2 min de lecture

Quand on parle de Tanzanie, on pense d’abord aux Masaï.

Mais d’autres peuples vivent là-bas, même s’ils sont moins nombreux ou tout simplement moins connus.

Les Datoga par exemple.

Les Datoga sont un peuple nilotique, arrivé en Tanzanie avant les Masaï. On les trouve près du lac Eyasi. Ce sont des pasteurs : ils élèvent des vaches, des chèvres et des ânes. Mais surtout des vaches, dont ils possèdent jusqu’à plusieurs milliers de tête par famille. Dit-on… Car les Masaï, pour qui Dieu a créé les vaches, n’auraient jamais laissé faire ça… D’ailleurs, lorsqu’un autre peuple a des troupeaux, c’est qu’il les a volés… aux Masaï ! Et les Datoga ont beau être les respectés-ennemis des Masaï, ce n’est pas une raison pour tolérer une chose pareille. Mais au fait, même s’ils ne les volent pas à leurs propriétaires naturels, comment font-ils pour en avoir autant ? Un jeune Datoga commence dans la vie avec quatre ou cinq bêtes que lui donne son papa. Et quand il en veut plus que la reproduction ne peut lui en donner, c’est simple : il part dans la forêt, il tue un lion, il revient faire le tour de ses parents et voisins qu’il soûle du récit de ses exploits, jusqu’à ce qu’ils lui donnent à leur tour quelques vaches supplémentaires (pour le faire taire ?).

Les Datoga ne volent donc pas les vaches, mais ils ne se privent pas de voler leurs femmes, si celle que leur papa a choisie n’est pas leur genre de beauté. Les femmes n’ont pas grand choix, elles : première, deuxième ou troisième épouse de l’homme qui leur échoit, elles font des bébés, traient vaches et chèvres matin et soir et s’occupent de leur maison et de la cuisine. Du coup, la première épouse n’est pas mécontente d’en voir arriver d’autres. Outre la compagnie, ça fait des bras en plus…

Les Datoga pratiquent un semi-nomadisme car l’herbe finit toujours pas s’épuiser autour de leurs villages. Les hommes partent plusieurs mois, souvent seuls ou juste accompagnés de leur première épouse et de quelques enfants, et de leurs troupeaux de vaches bien sûr. Le reste de la famille garde les maisons et les troupeaux de chèvres.

Quand on va les voir, on rencontre des gens souriants et paisibles. Ils nous demandent si nous sommes première, deuxième ou troisième épouse, où sont nos enfants, et si dans notre pays là-bas, nous sommes pasteurs ou fermiers. Parfois ils chantent et sautent à la verticale, comme leurs respectés-ennemis Masaï. Et ils nous invitent à sauter avec eux.

Alors, même si nous ne sommes plus ni fermiers ni éleveurs depuis plusieurs générations, nous prenons conscience que nous sommes encore profondément – et lourdement – enracinés à la terre…

 
 
 

Commentaires


© 2016 par MOTS D'OU.

  • b-facebook
  • Instagram Black Round
bottom of page