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Il y a un an

  • Photo du rédacteur: catherineyautier1
    catherineyautier1
  • 2 août 2016
  • 2 min de lecture

Nous étions en Tanzanie, à Garofani, près du lac Eyasi,. Là-bas, en pays Iraqw, Datoga et Hadzabe, se tient un marché une fois par mois. Et c’est aujourd’hui.

Le vent qui souffle encore plus fort que d’habitude n’arrive pas à faire taire les haut-parleurs réglés au maximum. Ni à faire s’envoler les amoncellements en vrac de vêtements, tissus et chaussures qui couvrent le sol. Encore que… On ne peut jurer de rien pour les chaussures, toutes dépareillées. Peut-être un pied droit d’espadrille s’est-il fait aspirer par un tourbillon de sable ?

Dans les allées, des vendeurs ambulants brandissent de curieux étendards : noués le long de leurs bâtons, de vaillants petits sacs plastiques bleus, gonflés de vent et de fierté comme des outres, paradent tels les héros de la fête. Ils ne savent pas encore qu’ils finiront éventrés à une branche morte, mâchés par une chèvre, oubliés parmi des milliers d’autres sacs plastiques bleus au bord du chemin à l’entrée de Garofani.

Et sinon, au marché de Garofani, Datoga et Iraqw font des affaires de bétail. Lesquels vendent ? Lesquels achètent ? Mystère… Mais les bêtes à cornes se marchandent et s’échangent. Les plus beaux spécimens sont parqués dans un enclos réservé aux stars du marché : les plus robustes, les plus grosses vaches à lait, les plus couillus reproducteurs, les plus grandes cornes, les plus belles bosses, car ce sont des zébus bien zûr !

D’autres ne se vendront plus. Leurs restes pendent à l’étal d’un boucher qui découpe des morceaux à la demande et les passe à son collègue préposé au barbecue. Ça sent bon ! Dommage, nous avons déjà mangé ! Plus loin, moins appétissantes, voire carrément repoussantes, des marmites d’abats non identifiés côtoient des seaux de bière locale dont la couleur de la mousse ferait fuir un belge à moitié mort de soif…

Fin de marché… Assoiffé lui aussi par le vent et la poussière, Georges sort sa bouteille d’eau à laquelle un peu d’antésite donne une belle couleur cuivrée. Un petit bonhomme à barbiche, plus tout jeune, s’approche. Il a le pas hésitant et l’œil vague de l’ivresse. Il tient une petite bouteille de liquide ambré, presque vide. La montre à Georges. Puis extirpe laborieusement un billet de sa poche et le lui tend en le suppliant presque, en swahéli ou dans une autre langue. Peu importe d’ailleurs, car ce qu’il dit est parfaitement clair : « vends-moi ta bouteille étranger, la mienne est bientôt vide… ».

 
 
 

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