Fin de semana autour d'Alcalà de la Jovada
- catherineyautier1

- 16 déc. 2024
- 7 min de lecture
Il y a des reconnaissances particulièrement engagées et engageantes. Celle du samedi 14 et du dimanche 15 décembre nous amène, avec Anne et Michel, dès le vendredi 13 au soir, dans le ravissant hôtel Font d'Alcalà. Son charme "arrière-pays" couplé à une capacité d'accueil de 21 chambres ne peuvent nous laisser indifférents en prévision pour l'UFTM d'une prochaine activité randonnée (et plus si affinité...) sur 2 jours. Le week-end promet d'être rude, entre découverte (ou redécouverte) de parcours de senderismo pour tous les goûts et toutes les jambes, et test de l'hôtel et des meilleurs restaus du coin. Mais les responsabilités sont les responsabilités et il faut parfois savoir payer de sa personne!!!
Alcalà de la Jovada, vous connaissez? Un joli petit village de la Vall d'Acalà, entre Vall d'Ebo et Vall de Gallinera. Nous y avons fait en octobre, une reconnaissance et une rando vers la Foradada.

C'est aussi et surtout le fief de naissance d'Al Azraq, "celui qui a les yeux bleus", seigneur maure et chef de guerre qui régna sur la région au 13ème siècle... Oups!!! Non, pas lui... Lui c'est Joseph, père putatif de Jésus... et ici, personnage grandeur nature de crèche kitsch de village.

Ici, Al Azraq est présent partout et toute l'année. Il crache l'eau des fontaines...

... donne son nom à l'une des chambres de notre hôtel

et habille des murs entiers de maisons.

Et c'est à Alcalà de la Jovada que le 14 avril 1245, Al Azraq et Alphonse d'Aragon ont signé le "tractat del pouet" par lequel ils se répartissaient les différents châteaux et villages de la région, un traité de paix qui n'a hélas pas duré car la guerre de reconquête a repris ensuite assez vite entre cristianos y moros. Depuis, ce sont les chats qui règnent en maîtres sur les rues et les places... et parfois sur les voitures.

Alcalà vit tranquille, pelotonné autour de ses vieilles pierres et de ses maisons dont certaines ont connu Al Azraq...

... repeintes avec amour et sans lésiner sur les couleurs.

Tiens, voilà notre hôtel qui trône en face de l'église et de la mairie..

Henri-Claude espérait secrètement un week-end blanc... Hélas, la seule neige que nous voyons est celle figée depuis plusieurs années sur cette photo.

Mais pas besoin de flocons pour se sentir bien au chaud et douillettement installés, à l'abri du froid.

Car le ciel a beau être bleu, fait pas chaud dehors...

La preuve, le soleil de 10 heures n'a pas encore fait fondre le givre sur ce marrube blanc...

Il fait un temps idéal pour reconnaître, après un énoooooorme petit déjeuner, et bien couverts, le terrain d'une rando (très) modérée... que nous avons déjà foulé en juin 2023 avec LAFMA.

Le parcours débute par la traversée, même pas vertigineuse, de l'acqueduc du Pouet qui, depuis bien longtemps, ne sert plus que de décor pour randonneurs romantiques en mal d'aventures...

Et se poursuit par un chemin sage comme une image...

... vers le village maure de Saltes, datant du 12ème siècle. Ses ruines, reconverties en bergeries et enclos au 18ème, s'accrochent encore au paysage, mais peut-être plus pour si longtemps...

Pas comme ces excavations dans la roche, sans doute d'anciens pressoirs à huile ou à vin, qui seront sûrement encore là dans mille ans et plus...

Le premier qui dit que je ne fais pas mon âge aura affaire à moi (le prochain plutôt... car il me semble avoir entendu Anne le murmurer sur site...)

Nous retrouvons le chemin toujours aussi confortable qui continue de monter sans presque s'en apercevoir et ouvre sur des paysages aussi sages et paisibles que lui. Malheureusement un peu ravagés aussi par les incendies de 2022 qui ont eu raison d'une grande partie des pins de la région.

Il me semble d'ailleurs que la situation s'est aggravée depuis notre dernier passage. Une tempête sans doute... Mais la nevera de Dalt (le puits de neige d'en haut) résiste vaillamment, arqueboutée au dessus de ses 15 mètres de profondeur.

Brève rencontre avec d'autres marcheurs du samedi, tandis qu'au bord du chemin, des pins survivants veillent sur leurs frères morts qui attendent d'être transformés en pellets. On est bien peu de choses....

De ce côté, tout le vert a disparu. Une épilation intégrale par le feu qui n'a laissé à ce versant que deux noirs sourcils de fagots géants.

Tout a brûlé. Même les fanions de trails. Celui-ci a dû être orange ou rose fluo dans une autre vie...

Il ne reste que la mer pour apporter un peu de couleur au paysage....

... et nous...

... et aussi la bruyère en fleurs. Rien n'est perdu!!!

Mais quel gâchis...

Fin de parcours sur un chemin toujours aussi civilisé quoiqu'un peu encombré. Mais que fait la police ???? Où sont les cantonniers ???

Vous mé réconnaissez??? Eh oui, c'est moi, la Forada, en toute simplicité !!! Vous m'avez rendu visite il n'y a pas longtemps, au cours d'une autre rando sur le versant d'en face... Le monde de la Vall d'Alcalà est petit... D'ailleurs, c'est aussi celui de la Vall de Gallinera, juste derrière...

Et là, cette colline bien bombée, elle vous dit quelque chose? En tous cas, je ne vous conseille pas d'y monter... C'est le toit de la nevera de Baix (le puits de neige du bas). Vous risqueriez de passer au travers et de dégringoler au fond de ses 10 mètres de profondeur...

Car voilà ce qu'il y a dessous...

Fin de rando. Et début d'idée pour une activité à proposer aux non randonneurs : repeindre en totems multicolores tous les troncs calcinés encore debout sur le chemin... Des amateurs????

On a rendez-vous au Bar Vicent La Tona...

où nous attend un savoureux arroz al horno... testé et approuvé!!!!

Mais pas question de faire la sieste ensuite. Le devoir, et Henri-Claude qui ne nous laisse pas un instant de répit, nous appellent à la Cova del Rull...

une somptueuse grotte du Miocène, qui a attendu qu'un chasseur y voit disparaître un lapin puis son chien pour la découvrir en 1919...

Les photos n'y sont pas autorisées au delà de l'entrée, mais croyez nous sur parole, la grotte et son guide valent le détour... Rassurez-vous, contrairement au lapin, on en ressort toujours mais pas tout à fait comme on y est entrés!!!!

Fin de J1 sur un dîner délicieux et, heureusement, léger, car nous frisons le trop plein... Et pas de soirée guitare-tisane au coin du feu, au dodo de bonne heure tout le monde... C'est une seconde rando vraiment difficile celle-là qui nous attend demain matin du côté de Quatretondeta.

Celle du sentier, ou plutôt des pierriers dels Agulles du massif de la Serrella. Là encore, un parcours que nous avons déjà expérimenté, en février de cette année, avec Michel et Anne déjà, mais également Bernard et Marie et Marc B. À 30 minutes d'Alcalà par une petite route sinueuse au milieu d'une campagne blanche de givre. Pas de verglas heureusement sous nos roues malgré une température qui hésite entre -1 et 0,5 degrés...

Histoire de découvrir le site sous un angle différent, nous abordons la boucle dans l'autre sens, celui des aiguilles de la montre qui marquent 10 heures à notre arrivée sur la ligne de départ.

Et de fil en aiguille justement, autrement dit de bitume en sentier d'approche caillouteux puis rocheux et racineux, nous nous retrouvons au pied du mur, au milieu des éboulis traversés de rares sentiers...

...étroites plateformes traçant leur sillon dans la pente. Et que l'on suit... sans glisser, Michel!!!

On a dit "circuit dels Agulles" (ou dels Frares, car les aiguilles évoquent des silhouettes de moines en procession) et on a dit "sens des aiguilles d'une montre", donc nous laissons la falaise à notre gauche. Mais le chemin continue derrière nous et conduit au Pla de la Casa, un autre haut lieu de senderismo engagé que nous pourrions aussi explorer prochainement, voire agréger à ce parcours pour rallonger et muscler encore la boucle...

Qu'en dis-tu Anne???? Que c'est magnifique??? Mais pourquoi je demande, moi????? Alors que je connais déjà la réponse....

Ça fait d'ailleurs bien rigoler les aiguilles !

Tellement fort, qu'on n'entend même pas ce que dit Michel... Sans doute quelque chose comme "on continue tout droit ou c'est déjà là qu'on monte?"

Car nous cherchons le point de départ d'une extension vers le haut et la Cova Foradada (encore une... mais pas la même cette fois). C'est un peu plus loin. On continue...

On y est!

Et nous quittons le confort tout relatif (mais auquel on s'était habitués...) du pierrier, pour une pente raidasse et tortueuse, moitié terre collante, moitié racines piégeuses, moitié caillasses (à ce niveau, la pente en vaut bien une et demie à elle toute seule!). Et que ne ferait-on pas à la recherche de l'arche perdue?

Pas perdue en fait, la voilà!!!

Mais pourquoi s'arrêter là, alors qu'il y a tout plein d'autres curiosités à admirer? Minérales... comme cette orbite creuse de tête de mort collée à la paroi...

ou végétales : ce lierre de roche est la Gorgone réincarnée en plante...

On peut y aller maintenant Henri-Claude? Tu rigoles ou quoi? Alors que l'autre versant est à portée de pied derrière ce rocher en équilibre???

Comment résister à l'appel de l'aventure??? À cette porte ouverte sur l'inconnu??? Et voilà Henri-Claude parti dans le trou, tel le lapin de la Cova del Rull. Ressortira-t-il? Suspense... et patience!

Il ne nous reste plus qu'à attendre à l'ombre en contemplant Quatretondeta en bas qui lézarde au soleil...

Anne et Michel ont préféré rejoindre un terrain moins pentu et éviter de se prendre des pierres quand nous redescendrons.

Et moi je suis restée là-haut, pour attendre et immortaliser le retour de mon lapin...

Tout le monde est là? On redescend avant la nuit... C'est une blague! Il est à peine 12h30...

Dernier regard sur la cathédrale au dessus de nous...

Et on est partis. Les filles en bas...

...les gars en haut. Pied léger, les mecs, comme si vous marchiez sur des oeufs!!! On ne voudrait pas se prendre une avalanche de pierres...

Sors du bois Michel, ça défouraille en face, tu risques de te faire tirer comme un lapin !!!!

Et après toute cette ombre, il est temps de réchauffer nos vieux os au soleil...

et de rejoindre Quatretondeta...

... ses rues gardées elles aussi par les chats...

...et son Bar Canaryes, plein comme un oeuf et comme tous les dimanches!

qui nous a préparé une olleta de catégoria, sans lapin ni chat, mais avec porc et boudin...

Alors, elle était comment la olleta Anne? Et le week-end, t'en as pensé quoi????

C'était dur, on en a bavé, mais c'était...... magnifique!!!!
Allez, la prochaine fois, on vous emmène.
À suivre!


Commentaires