Sur les routes et les sentiers du Kenya J11 de Nairobi à Paris (ou Toulouse)
- 3 mai
- 6 min de lecture
Le vol pour Paris ne part qu'à 23 heures ce soir. Et pour cette onzième et dernière journée du voyage, notre TO, Jean-Yves, a prévu la visite d'une plantation de thé située à 1h30 de route au nord-ouest de Nairobi. C'est lui même qui nous accompagnera. Hélas ce matin, Julien a un gros coup de mou, et préfère rester se reposer à l'hôtel. Simon lui tiendra compagnie. Dur, dur, d'être garde-malade...

Pas dissuadés par le ciel grisouille (qui nous le rendra au centuple en s'éclaircissant de plus en plus au cours de la journée), nous arrivons au bout de 2 bonnes heures (embouteillages de la sortie de Nairobi inclus) dans la plantation des Gatura Greens.

Les enfants ont bien dormi, contents de retrouver le véhicule de safari. Je ne sais pas si cette bouille est encore ensommeillée ou si Noah nous fait son regard de biche et ses yeux de velours. Mais quelle que soit la réponse, tu vas faire des ravages un de ces jours, mon loulou...

La maison et le jardin sont charmants et so british. Comme les scones et la confiture d'hibiscus qui nous attendent autour d'un ten o'clock tea (lui aussi à l'hibiscus) de bienvenue.

On est pas bien, là? Au coeur de l'Afrique? Prêts à aller récolter le thé?

Petite intro théorique de Lucy, notre hôtesse du jour (dont vous ferez connaissance un peu plus tard). Je vous passe les détails de la genèse et des origines du thé, lorsque selon la légende, quelques deux mille ans avant JC, une épidémie de choléra a conduit un empereur chinois à ordonner de faire bouillir l'eau avant de la boire, et que quelques feuilles d'un arbuste sont tombées dans la marmite. Le thé était né mais il lui a fallu presque 4000 ans pour sortir de Chine, et être pleinement et librement exploité et commercialisé. La production de thé au Kenya n'a démarré que dans les années 1950. Et celle du purple tea, le thé violet, plus riche en antioxydants que tous les autres thés, ne remonte qu'à la toute fin du 20ème siècle.
Et sachez que pour obtenir un thé de qualité, il ne faut cueillir que la partie haute, limitée au bourgeon central (tip) et aux 2 feuilles suivantes. Deux avantages à celà. Les vertus de la plante y sont comme elle, au top. Et une semaine après le passage des cueilleurs, les feuilles ont repoussé nickel chrome, prêtes à être récoltées à nouveau.

Et maintenant, en route pour les plantations... et notre propre récolte.

... en passant devant la Baraka Shop, une vraie bénédiction autoproclamée...

aussi orange que ces moutons. Qui, je rassure d'emblée les défenseurs de la cause animale, n'ont pas été peints sur pattes pour permettre la production de laine colorée, mais se sont juste roulés dans la terre...

Nous y allons en marchant. Tranquillement. Les mains dans les poches. En touristes... Tout le monde n'a pas cette chance...

Nous y voilà. Quel que soit le continent, Asie ou Afrique, où nous avons visité des plantations de thé, j'ai toujours été frappée par la douceur presque moelleuse de ces paysages de collines et la couleur vert tendre de l'épais tapis des buissons de thé. J'adoooooore!

Et les arbres qui dépassent? Ce sont des avocatiers et des macadamiers, bio, pour éviter tout insecte nuisible au plants de thé.

C'est la première fois que nous voyons des plantations bicolores.

La parcelle sur laquelle nous allons "travailler" est violette ou purple, comme on dit ici.

Pour ceux qui envisageraient de faire pousser du thé, histoire d'avoir leur petite plantation perso, il existe deux méthodes. Soit planter la graine, une boule qui ressemble à une noix verte et qu'Henri-Claude tient dans sa main. Mais il vous faudra 10 ans pour obtenir une plante de la taille de ces arbustes, capable de produire des feuiles de thé. Si vous n'avez pas la patience d'attendre, et si vous avez un copain qui cultive le thé, la solution "bouture" est plus rapide, en prenant soin d'enlever toutes les feuilles présentes sur la tige avant de la planter. Cela ne vous prendra que 7 ans. Du coup, acheter votre thé déjà tout fait me paraît la meilleure option...

Et sinon, la fleur sur la photo est une fleur de thé. Elle entre dans la composition de crèmes et savons cosmétiques. Car le thé, surtout violet, est aussi excellent pour la peau (et l'acné...).

William a préparé les paniers.

Chacun le sien, à porter soit sur le front...

soit bien calé en haut du torse et autour des épaules. Il n'y a plus qu'à pénétrer dans les allées plus ou moins larges et visibles mais bien présentes qui quadrillent et séparent les massifs. Et cueillir les brins 2 feuilles-bourgeon réglementaires. Puis les lancer dans le panier (de préférence pas à côté, et c'est pas toujours gagné...).

Voilà notre récolte. Maigrelette... Une récolte de débutant, pas hyper-motivé de surcroît. Les cueilleurs sont payés au kilo, 15 shillings pour le thé normal et 20 shillings pour le purple tea. Soit respectivement 0,10 et 0,15 euros. Ils n'ont pas intérêt à chômer, eux...

Ça c'est le panier de Noah... ou de n'importe lequel d'entre nous...

Ça c'est un panier bien rempli...

que les cueilleurs doivent ensuite, à pied, aller déposer au point de collecte. Au fait, je vous présente Lucy, notre mentor du jour, souriante et prolixe. Et Jean-Yves, notre TO et beaucoup plus encore. Celui grâce auquel et souvent avec lequel, nous avons passé des moments exceptionnels dans des treks de folie, en Ethiopie dans le Simien et la Gheralta, autour du lac Turkana au Kenya et du Ngorongoro avec les Masaï en Tanzanie.

Notre mini récolte ne passera pas par ce centre. Lucy la récupère pour la ramener à la ferme et nous faire vivre la suite du process.

Une fois triés et rejetés les brins non conformes...

Il faut du charbon de bois...

pour l'étape de torréfaction des feuilles

qui changent de couleur et d'apparence et seront ensuite malaxées et roulées en boule avant d'être mises à sécher. Attention, les feuilles doivent être traitées très rapidement après leur récolte pour conserver intactes toutes leurs vertus et surtout éviter de se charger en caféine. Le purple tea tout particulièrement...

En parlant de caféine, il existe aussi des plantations de café, dans ces parages. La preuve...

Et si on allait visiter la cascade voisine? Les fortes pluies de ces derniers jours l'ont fait grossir subitement et la marche risque d'être sportive et humide. Sarah n'est pas tentée et les enfants non plus. Pas grave, on ira tous les deux. Et on ne regrettera ni d'être venus... Car, non, je n'ai pas rapetissé d'un coup, c'est bien cette forêt de bambous qui est proprement géante!!!

Ni d'être venus seuls... Un glissement de terrain a littéralement effacé le sentier, obstrué de surcroît par les branches d'un arbre entraîné dans l'affaire. Et le passage de l'obstacle est délicat. Mes chaussures s'en souviennent encore...

Le bruit et la brume s'intensifient. Nous approchons de la cascade, dont l'accès est fermé par une grille.

Waouh!!! Ça pulse!!! Ça dégringole et ça brumise sec... si j'ose dire.

Impossible d'aller plus loin. Sauf à risquer d'être emportés par un autre glissement de terrain. De toutes façons nous sommes aux premières loges et déjà totalement trempés.

On se croirait en pleine forêt tropicale quand nous repartons sur la boucle du retour.

Mais non, nous sommes bien toujours dans les plantations des Gatura Greeens.

Et c'est l'heure de déjeuner. Chouette!!! C'est un vrai chef et un vrai repas gastronomique où le thé est omniprésent qui nous attendent à notre retour.

On s'est ré-ga-lés!!!

Hein Noah? Le Noah a un bon coup de fourchette. Mais c'est aussi un poète, moitié manga, moitié homme-fleur...

Avec tout ça, il se fait 15 heures et il est bientôt temps de repartir vers la capitale. Les embouteillages menacent.

En fait, les embouteillages vont transformer nos 2 heures et quelques de l'aller en 3h30 au retour. De quoi devenir fou, tant voitures, bus et camions s'enchevêtrent les uns dans les autres au fur et à mesure que nous avançons (enfin... que nous progressons mètre par mètre) en direction des quartiers centraux de Nairobi.

Ouf!!! Nous avons fini par rejoindre notre hôtel avant de devoir rendre les deux chambres "de jour". Et Simon et Julien, requinqué pour ce dernier et tranquillement installés tous les deux au bar du rooftop. Douches prises, bagages bouclés, tout le monde est fin prêt à partir vers l'aéroport. Pas d'embouteillages à craindre ce soir. La voie rapide à péage nous y relie presque directement. Les privilèges ont parfois du bon...

Heureusement qu'il n'y a pas foule au contrôle sécurité. Et surtout que tout le monde ne s'assied pas par terre pour enlever et remettre ses chaussures. Sinon, les aéroports se transformeraient vite en zone de guerre...

Bonne nuit les amis. Quelque chose me dit qu'elle va être courte. Essayez de dormir un peu quand même... Rendez-vous demain matin à Roissy.

Salut à tous! Je vous souhaite de faire de beaux rêves d'Afrique!!!!

Et à suivre pour des randos moins exotiques et plus sportives dans mon pays d'Espagne. Oléééééééééééééééééééééé!


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