Sur les routes et les sentiers du Kenya, à Amboseli
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Dernière mise à jour : il y a 8 heures
Dimanche 19 avril, nous partons au Kenya de bon matin, pour y fêter en famille et avec un peu de retard nos 50 ans de mariage. Nous, c'est à dire Sarah et ses loulous, Inès, Maël et Noah, arrivés tout droit de leur province gimontoise, et les quatre parisiens à temps partiel, Simon, Julien, Henri-Claude et moi.

Il en manque... Pas de panique ! Sarah et Noah sont là aussi. Roissy ça va bien 2 heures mais on est d'abord là pour prendre un long courrier vers l'Afrique et l'aventure, en passant par une journée de cinéma à volonté. Elle est pas belle la vie???

Trop belle... On est tellement pressés d'en profiter qu'on a fourré tout notre barda n'importe comment dans les compartiments. Et que l'hôtesse doit consacrer toute son énergie à faire de la place pour les énooooormes bagages cabine des autres passagers du coin.

Aaaah, c'est vous qui avez mis le bazar, dit-elle en nous balançant sweats-shirts et sacs à dos, avant de les reprendre quelques minutes après pour les ranger une fois les autres casés !!!

Pas rancunière, elle nous offre le champagne. Voilà un vol qui commence bien, dit Henri-Claude qui ne sait pas encore qu'il vient de rencontrer son nouveau meilleur ami du voyage, le tour de cou avion.

Un peu moins de 8 heures de vol plus tard dont quelques unes de sommeil pour le benjamin...

... le GPS de Julien est formel : nous sommes arrivés à Nairobi.

Pas de doute, c'est l'Afrique!

Inès va pouvoir commencer son carnet de voyage, spécialement décoré pour elle par sa prof de dessin.

Et voilà comment, dès lundi matin, sous le ciel bas d'un Nairobi en pleine saison des pluies, commence notre voyage familial au Kenya.

Un peu d'exercice ne peut pas faire de mal (notez que je n'ai pas ajouté "à Julien", ça ne m'a même pas effleurée... ou presque pas). Alex, notre chauffeur guide doit justement mettre une partie des valises sur le toit du véhicule et a besoin d'un coup de main.

Que vous êtes beaux!!! Presque autant que ce beau camion...

Tout est paré et bien rangé dans le véhicule, nous inclus. On peut partir...

... frais et pimpants pour 5 heures de route vers Amboseli, notre premier parc.

Depuis le dernier "Quand est-ce qu'on mange?" de Maël (à moins que ce ne soit le dernier "Qu'est-ce qu'on mange ce midi?" d'Inès), on n'entend plus rien dans le fond...

Normal! La nuit a été courte. Et les troupes récupèrent...

Pas le cas au premier rang où Henri-Claude, assis à côté d'Alex, poursuit inlassablement une conversation entamée à la sortie de Nairobi. "Ce qui est bien, c'est que le chauffeur ne risque pas de s'endormir, lui" constate Simon, qui vient de se réveiller, alors que les rues animées et surchargées en CO2 de Nairobi ont depuis un bon moment cédé la place à la campagne et aux villages.

Nous n'allons pas tarder à entrer en pays Masai et à apercevoir quelques girafes lointaines. Mais déjà les troupeaux de vaches et de chèvres envahissent les bas côtés de la route...

voire la traversent. Photo, Julien!!! Anticipe !!!!!!

Plus facile à photographier, un arbre, ça bouge moins vite... Et ceux-là sont beaux et emblématiques. Vous la sentez l'Afrique???

Elle est chaque seconde un peu plus présente, avec les fils électriques qui pendent comme une frange au dessus de la route et sont électrifiés la nuit pour dissuader les éléphants de passer. Ou bien avec cette première girafe plein cadre.

Voilà notre camp. Nous allons pouvoir nous poser...

On vous fait visiter? Allons-y en passant sous les nids de tisserins.

Voilà la cuisine et le coin du feu où ce soir nous dégusterons une pizza night.

La terrasse de la salle à manger et sa vue plongeante sur le point d'eau et les animaux qui viennent boire le soir. Pas très animé à l'heure où nous arrivons, mais girafes, pintades, éléphants et un troupeau entier de buffles viendront s'y désaltérer à la nuit tombante (et même largement tombée).

Il ne manquait que les tentes. Au nombre de quatre. Que nous allons nous répartir. On a le choix, nous sommes les seuls dans le camp.

Celle-là par exemple sera pour Inès et Maël.

Et ça, ce sont les douches extérieures. Chaudes. Pour ceux qui préfèrent ne pas sortir, il y a aussi une douche froide à l'intérieur. Notre douche chaude était tout près de la tente (privilège de patriarches du groupe). Hélas elle est restée désespérément froide du début jusqu'à la fin (à bas les privilèges!!!).

Tour du propriétaire et déjeuner pris, le bush nous attend. Mais nous sommes arrivés un peu tard et il faudra attendre demain pour notre premier safari dans le parc national d'Amboseli.

Au programme de cet après-midi, pour la plus grande "gênance" d'Inès, Maël et Noah, nous allons "faire nos touristes" en visitant un village Masaï des environs. Où nous sommes accueillis comme il se doit en chansons et en danses.

Si vous croyez pouvoir rester spectateurs pendant ce genre de visite, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil... Nous voici enrôlés dans le spectacle. Pas de problème pour Sarah et Noah, qui paraissent avoir fait ça toute leur vie...

Je lâche prise aussi (d'ailleurs, après m'être sentie dans mes voyages successifs un peu Himba, Hamer, Surma et Wodaabe Peul, j'aurais tendance à virer un brin Masaï cet après-midi...). Quant à Inès, .... comment dire????.

Le seul vraiment dans son élément, c'est Maël. Il saute tellement haut que même ses lunettes sautent avec lui!

Il n'est pas encore au niveau d'un Masaï de compète. Mais il y a du potentiel, incontestablement...

L'étape suivante du programme de visite nous conduit devant le Medecine Man du village et son échope de poudre de perlimpimpin et autres racines cheloues. Il soigne, nous dit-il, les gens du village et des environs mais aussi des patients du reste du Kenya, de Tanzanie, d'Europe et autres pays découverts à marée basse. Ses remèdes naturels traitent à peu près tout : diabète, problèmes d'articulation, asthme, affections des reins et du système digestif, hypertension... Sans oublier la stimulation sexuelle de ces pauvres polygames qui doivent satisfaire 4 ou 5 épouses d'affilée dans la même nuit. Il faut juste ne pas se tromper de poudre, sinon gare au risque de raideur excessive des articulations...

"C'est vrai?" demande Inès à chaque affirmation. Bof... Sûrement quand on y croit. Et puis, avant les vaccins et les médocs, le monde s'est longtemps contenté des plantes et des guérisseurs. J'ai juste un petit doute sur le fait que les Masaï vivent en moyenne entre 115 et 120 ans, surtout après avoir visité une maison du village et entendu notre ami guérisseur nous rappeler que leur régime alimentaire est exclusivement composé de lait, viande et sang.

Par contre, c'est vrai que les Masaï, comme les Surma en Ethiopie, savent faire du feu sans allumettes. La preuve en image... Étape 1: préparer les ingrédients et le matos.

Étape 2 : se relayer en tournant le bâton très vite entre ses deux paumes. Le frottement finit par produire de la fumée. Ajouter alors des herbes sèches...

Il ne reste plus qu'à passer à l'étape 3 et souffler doucement. Et hop! Le feu est là. Kho Lanta n'a qu'à bien se tenir....

Last but not least et dernière case à cocher, celle de l'artisanat. Ici, chaque famille fabrique des bijoux et gadgets de déco artisanaux (ou les achète au marché voisin selon une mauvaise langue du groupe que je ne nommerai pas). Et chacun expose ses oeuvres sur le terrain communal. La procédure est simple : sélectionner d'éventuels articles et les remettre au Masaï en chef qui au final estimera le prix à payer. Mais le Masaï est astucieux (ou retors, ça dépend du point de vue). Il omet deux éléments essentiels de la règle du jeu : le fait qu'il faudra passer devant tous les étals de toutes les familles et que la somme négociée au final sera partagée équitablement entre tous, même ceux qui n'auront rien vendu. Et voilà comment 8 touristes qui veulent faire plaisir à tout le monde et se faire plaisir se retrouvent avec une quarantaine de pièces et une facture démente. Après avoir divisé le nombre de pièces par 3 et le prix par 10, nous quittons les lieux avec le sentiment de nous être faits un peu avoir. Mais si gentiment. Et puis, à force de jouer les touristes consentants, il ne faut pas venir se plaindre d'être traité comme des touristes...

Noah était à deux doigts de se faire adopter. Mais, comme dit Simon, vu le prix de l'artisanat, on peut se demander ce qu'aurait coûté la chambre!!!

Retour en fin d'après-midi au lodge. Julien, qui a plongé corps et âme dans l'Afrique depuis ce matin, attend de pied ferme et jumelles en action, les animaux au point d'eau. Il y aura des pintades et deux girafes...

... et le soir, après la pizza et la tombée de la nuit, deux grands mâles éléphants. Avant le troupeau de buffles évoqué plus tôt.

À suivre pour notre J2 à Amboseli en commençant par la découverte au petit matin du Kilimandjaro qui se cachait jusque là derrière les nuages. Patience..................


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