Sur les routes et les sentiers du Kenya, à Amboseli J2
- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 18 heures
Vous avez intérêt de l'être, patients. Car, à force de commencer les journées de safari très tôt et de les finir assez tard, les moments où ce blog avance sont directement prélevés sur mes heures de sommeil. La preuve : nous sommes vendredi soir dans la vraie vie et je n'ai même pas encore raconté mardi! J'ai même oublié de conclure la soirée de lundi sur notre pizza night.
Mais chaque chose en son temps. Je vous avais promis le Kilimandjaro à l'aube. Le voilà avec ses 5895 mètres parfaitement dégagés, tel que nous l'avons vu en sortant de nos tentes au petit matin de J2. Tadammmmmmm......

Et maintenant, on peut revenir aux images oubliées dans le premier post. Ambiance out of Africa, autour du feu...

... et d'au moins huit pizzas absolument délicieuses, préparées à un rythme d'enfer et dévorées encore plus vite.

Parenthèse refermée, tchao les turacos du camp (on en verra d'autres dans la journée)...

Ne retourne pas te coucher, Noah! C'est vrai qu'il est tôt, mais tu as mieux à faire..

Le parc national d'Amboseli nous attend pour notre premier safari du séjour.

Le premier safari "officiel" en réalité, car les rencontres animalières ne commencent pas une fois la Gate franchie. Les babouins nous accueillent bien avant l'entrée. Ils profitent sur l'asphalte des restes de pluie de la soirée précédente. À moins qu'ils ne soient en train de boire de l'urine d'éléphant qui, comme chacun sait, est très riche en sels minéraux.

C'est bon pour les jeunes, les sels minéraux... Et comme nous allons pouvoir le constater ces prochains jours, avril est la saison des naissances.

Bienvenue à Amboseli, semble dire Zazou, le callao à bec rouge.

Notre véhicule s'est mis en mode safari. C'est à dire toit relevé pour que chacun puisse voir de tous les côtés, debout pour les grands, montés sur les sièges pour les petits.

Noah est le champion toutes catégories de l'accro-4X4. Sur ses longues jambes de petit bonhomme en mousse, il gondole mais ne rompt point, et ne se décroche jamais, qu'il se tienne d'une main ou des deux. Je l'ai même vu dormir debout, agrippé à un montant du toit.

Pour un bon safari, il faut bien sûr des animaux. Mais aussi des yeux. Et nous en avons deux paires particulièrement affutées et efficaces. Celle de notre guide Alex qui réussit l'exploit de conduire et screener en même temps les alentours. Et les yeux perçants de Simon, guetteur inlassable et détecteur imbattable, même de très très loin. Du coup (comme disent les jeunes), vous allez avoir droit au bestiaire. Les images qui suivent sont déconseillées à tous les allergiques aux photos animalières. Mais je n'abuserai pas...

À tout seigneur tout honneur, la palme d'or animalière de ce premier parc revient à l'éléphant. Seul ou en groupe, en désordre ou en longues files, il est omniprésent dans le paysage. Amboseli pourrait être rebaptisé le parc des éléphants. Difficile de compter précisément mais nous avons dû en voir une bonne centaine durant cette journée.

Pas de lion en revanche, même si nous y avons bien cru. Pendant quelques instants, nous avons retenu notre souffle en regardant les silhouettes de deux lionnes avancer lentement dans les hautes herbes.

Jusqu'à ce que deux phacochères suivis de leur progéniture sortent en terrain dégagé et douchent cruellement notre enthousiasme un peu prématuré.

Pourtant, il y a de quoi les nourrir les lions... La gazelle de Grant et celle de Thomson courent la savane...

... et les pistes. Comme les éléphants, sans modération, et en toute quiétude apparente. Les prédateurs semblent aux abonnés absents. La chance!!!!!

Autre richesse d'Amboseli, les oiseaux font le bonheur d'Henri-Claude (qui ne quitte plus son coussin de cou) et d'Alex.

Il faut dire que tout le bouquin, pourtant épais, des oiseaux d'Afrique de l'Est semble s'y être donné rendez-vous. Je vous épargnerai la totale (à laquelle n'ont hélas pas échappé les autres membres du groupe), pour m'en tenir aux plus beaux spécimens...
Rollier à long brin, guettant l'horizon dans sa robe lilas et tuquoise,

petit guêpier sur sa branche, déniché sur commande par Alex au prix d'un demi-tour sur la piste,

martin-chasseur à tête grise, se préparant à déguster un bébé chauve-souris, après avoir pris soin de l'attendrir en l'assommant conscienseusement sur sa barrière en métal,

couple de grues couronnées, inséparables jusqu'à la mort et pour l'instant bien vivantes et "so grues" dans les hautes herbes,

héron cendré de toute beauuuuuuuuuté (et contrairement à ce qu'on pourrait croire, pas empaillé),

white aigrette et black ibis (ou plus exactement, ibis hagedash),

et envol d'ibis hagedash (il y avait aussi quelques ibis sacrés, corps blanc tête noire, mais ils ne sont pas sur la photo), dérangés en plein congrès au milieu de la route...

Sorry les ibis, mais on n'a pas le droit de sortir de la piste. D'ailleurs, je ne sais pas où on pourrait aller, car la lagune ne laisse émerger qu'un mince ruban à cet endroit du parc. Et sinon, au cas où vous vous poseriez la question, les oiseaux blancs sont des pélicans.

Moins nombreux et beaucoup moins aérodynamiques, quelques hippos se laissent surprendre à la sortie du bain...

pour le plus grand bonheur de Julien qui adoooooore les hippos.

Il a un petit faible pour les zèbres aussi, Julien. Sans doute rattrapé et influencé par son passé hippique. Mais il faut vite repartir car Alex a vu un oiseau un peu plus loin. Un début de bronca couve dans les rangs. Il se murmure qu'Henri-Claude serait favorisé. Qu'il passerait des plombes à shooter des piafs, alors que les autres auraient à peine le temps de cadrer un éléphant, de faire le point sur les rayures d'un zèbre ou de tirer le portrait d'un hippo au bain. "On s'est même pas arrêté pour un troupeau d'élands, on va pas le faire pour des pintades! Y'a des limites, ne serait-ce qu'en raisonnant au poids!"

Déjeuner frugal sur Observation Hill, une colline qui offre une vue panoramique à 360° sur les marécages et lagunes, les troupeaux d'éléphants et le Kilimandjaro. Le seul point de picnic autorisé de tout le parc. Et il y en a qui devaient avoir très faim!!!!

Où nous avons la chance d'arriver parmi les premiers. Le parking s'est bien rempli quand nous repartons (et encore, nous sommes en très basse saison!)...

... en ayant pris soin de ramener nos déchets avec nous. Les starlings (ou merles métalliques) se sont chargés d'éliminer les miettes résiduelles.

L'épisode le plus marquant de notre après-midi est sans conteste ce grand rassemblement de marabouts, visible de loin, dont nous ne comprenons le sens que petit à petit en nous approchant.

Nous aurions dû nous douter qu'une seule chose pouvait réunir ces croque-morts à plumes, et leur cousins vautours...

Le nettoyage d'une carcasse d'animal mort. Pourtant, ils ne sont pas encore à table et attendent leur tour pour ce qui restera du banquet. Les hyènes n'ont pas fini de manger. Il y en a une qui vient de quitter la table, sa copine qui est carrément dans l'assiette, une qui déguste un peu plus loin hors champ quelques os arrachés au squelette...

et une quatrième, en chemin vers le buffet après un bain de siège dans la boue. Les hyènes n'ont décidément ni un physique facile ni le sens du ridicule...

Même Sarah est fascinée par la sombre beauté macabre de la scène. "Ça me fait peur" dit Maël... Renseignements pris au lodge le soir, la carcasse serait celle d'un éléphanteau tué la veille par un lion ou des lionnes. À un jour près, nous n'aurons joué qu'aux voyeurs de charognards, alors que nous aurions pu être les spectateurs d'une chasse tout aussi cruelle mais plus glorieuse...

Nous nous en retournons vers la sortie, croisant au passage une statue de la liberté un peu ébouriffée...

... un paysage de carte postale sur fond de Kilimandjaro toujours aussi cabotin avec sa couronne de nuages

... et juste avant la Gate, un second paysage de carte postale avec éléphant (pas photoshoppé, je vous assure, il y avait bien 3 éléphants faisant leur beau à 50 mètres de la porte du parc...)

En fait, la vraie star du coin, c'est lui, le Kili. On ne voit que lui, même si cette termitière décorée de crânes d'animaux cherche à lui voler la vedette à l'entrée de notre lodge.

Quant à nous, à l'exception de Sarah et Noah, nous n'avons pas fini notre journée. Jackson et Eric (Saïtabana de son nom Masaï), nous accompagnent pour un safari à pied dans le bush autour du camp. Où les épineux et les crams-crams vont faire regretter amèrement le short et l'absence de chaussettes montantes à certains. N'est pas explorateur qui veut...

Jackson est parti en éclaireur pour trouver des animaux. Il nous préviendra par talkie-walkie. Saïtabana reste avec nous derrière. Nous le connaissions depuis hier sous le nom d'Eric et habillé à l'occidentale. Aujourd'hui, il est redevenu Masaï pour l'occasion. En vacances chez lui actuellement, il étudie l'ornithologie à Nairobi et veut travailler comme guide plus tard. Il parle déjà français, espagnol et un peu d'italien. Jakson a trouvé des girafes et nous le rejoignons. J'en compte 6, peut-être 7. Mais elles s'enfuient aussitôt. Les retardataires de la troupe n'ont même pas eu le temps de les voir. Acuna matata! No pasa nada!

Nous repartons tous ensemble sur leurs traces. Et elles s'enfuient à nouveau. Jusqu'à ce que nous les retrouvions et qu'elles acceptent de ne plus bouger.

Il y en a bien 6 au total et elles nous regardent les regarder, oubliant leur timidité. Etonnant...

Sur le chemin du retour, Jakson nous montre l'antre de la hyène. Hélas, elle n'est pas au logis, qui ne lui sert d'abri que l'hiver.

Mission réussie! Les enfants sourient, stoïques malgré leurs chaussettes pleines de crams crams. Dur dur la vie africaine...

Dur dur, mais tellement beau, ce retour dans le soleil couchant. Out of Africa, je vous dis....

C'est tout pour aujourd'hui. Demain, nous quitterons ce camp et Amboseli pour le Parc Tsavo Ouest et de nouvelles aventures. Chouette, on va encore pouvoir se lever tôt!!!!!!!!!


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