Sur les sentiers de Benicadell
- il y a 5 heures
- 6 min de lecture
Mardi 16 juin, premier blog et première rando engagée depuis celle du Cavall Verde le 19 mai. Nous ne courons plus beaucoup les sentiers de los bravos ces temps-ci... Il faut dire que les braves et leurs genoux ne sont plus ce qu'ils étaient. Et que l'été 2026 a fini par nous rattraper avec un petit mois d'avance et des températures dont les ardeurs calment les nôtres. Donc, chose promise, chose due : d'accord pour monter aujourd'hui à la cime de Benicadell, mais à condition de démarrer la rando à 6 heures. Et comme Beniatjar, le point de départ du circuit, est à une heure de route de Moraira/Benissa, faites le calcul...
Il est 5 heures, Benissa s'éveille (à peine) mais nous sommes tous au rendez-vous pour prendre la route. D'ailleurs le jour n'est toujours pas levé quand nous arrivons sur site à l'heure dite (j'ai vérifié la météo de Beniatjar, première lueur prévue à 06:03 et lever du soleil à 06:36). Et voilà les 9 "valientes", à la fois braves et matinaux, qui ont relevé le défi : Marina et Hervé, Daniel, James, Sabine, Anne et Michel, et Henri-Claude et moi. Le monde et Benicadell appartiennent à ceux qui se lèvent tôt, les amis!

Mais hélas, pas le limoncello d'Hervé. Dont Marina s'aperçoit dès l'arrivée qu'il s'est vidé entièrement au fond de son sac à dos... Un bouchon mal fermé et des yeux mal ouverts sans doute...

Vamos!!! Nous avons plus de 700 mètres de dénivelé à avaler et tout intérêt à nous activer. C'est qu'y fait frais à c't'heure !!!

Heureusement, la lumière du petit matin nous fait chaud au coeur quand elle vient caresser les cimes des pins tout près de nous...

... ou qu'elle s'installe plus confortablement au loin sur les reliefs.

Mais qu'est-ce que c'est??? Une mairie? Une gare? Une station d'épuration? Que nenni...

Pas une annexe du Politburo non plus, Marina... Pas assez de faucille et de rouge et trop de rameau d'olivier...

Henri-Claude mène l'enquête.

Eh ben voilà! Tout s'éclaire... C'est la Casa Forestal de les Planisses. Seul point commun avec le symbole du communisme, elle date du début du 20ème siècle et évoque plutôt l'union entre les ouvriers agricoles et les bûcherons. Comme le raconte cette affiche tellement craquelée qu'elle paraît avoir été attaquée à la hache. Fin de la parenthèse historique.

Revenons à nos sentiers... Bien beaux sur cette montagne, je dois reconnaître...

Tellement beaux qu'ils autorisent même des coups d'oeil plus que furtifs sur la plaine d'orangers et d'oliviers et le lac de Bellús au loin.

Jolie photo de groupe en contre-plongée pour fêter ça. Vous ne pouvez pas le deviner mais il s'en passe des choses derrière une image toute simple. Pourquoi James est-il en train de perdre l'équilibre au lieu de poser tranquillement? C'est parce que Daniel vient de le tirer en arrière par le bras pour dévoiler Anne qui s'était planquée derrière lui. Anne qui adore jouer à cache-cache sur les photos. Sabine et Michel, eux, sont carrément hors champ. À la traine ou en train de faire un petit pipi ? Est-ce là ou plus tard que Sabine, en pleine action, a vu surgir de nulle part un cycliste qui n'en demandait pas tant? Bref, il s'en passe des choses...

Allez, on continue. C'est qu'on a un sommet à monter, nous... Et qu'on ne s'est pas levé si tôt pour enfiler des perles.

On est là pour découvrir des paysages comme on ne les a jamais vus, dans la lumière du petit matin. Du haut d'un magnifique sentier en encorbellement qui n'en finit pas de contourner le massif pour notre plus grand plaisir...

Contournement réussi. En approche du sommet... Pas celui-ci. Celui qui lui fait de l'ombre...

Il faut dire que le soleil est là et bien là cette fois. Encore un peu rasant mais déjà chaud.

Dernier coup d'oeil sur la plaine, Muro de Alcoy, Cocentaina et au loin Alcoy.

Et en marche vers le sommet, où nous attend James, parti en éclaireur (les grandes jambes de James restent rarement au repos).

On arrive James !!!!!!!!!!!!!!

Un peu de patience...

Encore quelques mètres, le temps d'admirer le lac de Beniarres...

... et de composer une ultime photo artistique.

Et hop!!! Benicadell et ses 1104 mètres, c'est coché!!! Enfin... l'homologation ne vaut que pour Daniel et James. Les seuls à avoir bravé le vertige pour aller jusqu'au bout et atteindre la balise géodésique.

Le reste de la troupe est resté prudemment sur le premier mamelon, parfait pour un almuerzo léger et fruité.

Mais on ne peut pas tout avoir. Sans frisson des cimes, pas de rencontre magique.

Je me disais bien que ça sentait le bouc depuis un moment. Ce petit groupe de chèvres ensauvagées nous attendait en haut, sans savoir que nous venions. Les voilà coincées entre nous et le vide. Et contraintes de s'occuper comme elles peuvent. Si on jouait aux Jeux Olympiques, les gars???

Allez, on vous libère. Faut qu'on y aille maintenant. Ça fait 3 heures qu'on randonne et nous n'avons parcouru que la moitié du chemin. Même pas tout à fait en réalité car il nous reste un petit crochet par le puits de neige que nous avons zappé à l'aller. En tous cas, c'est bien la première fois qu'on se retrouve au pied d'un sommet à 9h11 du matin...

Tchao le figuier! (Noter de refaire cette rando en septembre, histoire de pouvoir se gaver de figues mûres juste avant la dernière montée ET juste après la première descente!!!)

En route vers le puits de neige voisin. Hé ho, le trio de tête, quand vous aurez fini vos messes basses, vous nous direz si vous avez quelque chose en vue...

On a trouvé la nevera de Benicadell!!!

Construction impressionnante vue de l'intérieur. Hélas, personne n'a pensé à immortaliser son dôme de pierre parfaitement conservé. À noter aussi pour notre prochaine visite, avec la ventrée de figues...

À défaut, voici une vue montagnes aussi improbable qu'imprenable...

... et un hidalgo fier et cambré qui passait par là. Tu fais bien l'hidalgo fier et bourré... pardon! cambré, Michel.

L'heure de la redescente a sonné au cadran solaire de ce pin solitaire...

Nous manquons de perdre Henri-Claude dans cette descente. Pris dans les filets d'un naturaliste croisé au détour du sentier, avec lequel il a (exceptionnellement) engagé la conversation et qui ne veut plus le lâcher. Rafael Ribera Llopis, car c'est son nom, sillonne les sentiers du Benicadell à la recherche de petits insectes rares et précieux, déplore la présence nuisible pour l'environnement local des cabras au sommet, et s'apprête cette semaine à partir voir des lynx andalous à Jaen. Il est intarissable et tellement content d'avoir trouvé un spécimen français parlant espagnol et ami des bêtes qu'il ne compte pas le laisser partir de sitôt. "Sus amigos pueden esperar". Ben non, sus amigos tienen sed y hambre... Et Henri-Claude finit par s'arracher... assez stupéfait au passage d'avoir trouvé plus bavard que lui.

Et comme il n'y a pas de raison que vous ne profitiez pas de cette rencontre, vous aussi, voici le bicho, objet des recherches de Rafael, le Nemoptera Bipennis (némoptère ibérique ou fourmilion à balancier), dont vous entendrez parler sous peu dans Faune et Flore. Je ne voudrais pas déflorer le sujet mais l'image est trop belle et je ne résiste pas au plaisir de vous la partager. Hélas, nous n'avons pas croisé sa route cette fois-ci. J'espère que ça veut simplement dire que nous ne l'avons pas vu, car sa présence dans ces parages reflète la pureté de l'air dans le coin...

Vous avez vu comme c'est beau là d'où l'on vient? Pour plagier Paul Mirabel, quel intérêt de monter tout là-haut quand c'est si beau vu d'en bas? Et sinon, personne n'a oublié ses bâtons cette fois ?

Encore presque 3 kms... On a faim et par bonheur la nature est généreuse. Après les cerises de la dernière randonnée au dessus du Vall de Laguar, voici les prunes de Benicadell. Mmmmmmmmh!

Ne surtout pas oublier de tourner à gauche après la ruine noyée sous la végétation...

Et la ligne d'arrivée est enfin franchie à 11h30, après un peu moins de 13,5 km, 750 mètres de dénivelé et 5h20 de randonnée.

À nous le Raco de Vicent à Castelló de Rugat, à deux pas de Ráfol de Salem. Pour un almuerzo bien mérité, arrosé et délicieux...

... à défaut d'être diététique, comme le prouve ce bocadillo du jour bacon fromage frais oeuf au plat aioli...

C'est tout pour aujourd'hui et pour Benicadell. À suivre et vive les randos tombées du lit, les naturalistes muets et les limoncellos étanches!


Commentaires