Sur les sentiers de La Moleta
- catherineyautier1
- 10 déc. 2025
- 7 min de lecture
Mardi 9 décembre. Déjà ?????? No hay nada como el tiempo para pasar... Pour cette dernière rando engagée de 2025, Henri-Claude a choisi une pépite, découverte en reconnaissance en compagnie de Louis, Didier, Anne, Michel et bibi, il y a une quinzaine de jours : une virée sur le massif de La Moleta à partir du col de Tudons au dessus de Penaguila. Nous étions 15 marcheurs inscrits mais les virus de cette fin d'automne en ont décidé autrement et sur la ligne de départ, il ne reste plus que 11 rescapés : Sabine et Dominique, Daniel, Louis, Pascale et Jean-Marc, Monique, Marina, Denis, Henri-Claude et moi.
Photo du groupe des chanceux devant l'entrée de la base militaire de l'Aïtana. Le salut n'est pas très réglementaire, mais, après tout, il n'y a que la rando qui est engagée dans cette histoire...

Après l'armée, voilà l'église. L'ermita de Vil-la-Serra, perchée juste au dessus du col et tout pile sous le quartier de lune du jour, est la première étape de notre circuit.

Un joli petit théâtre de lumière et d'ombres...

et le décor d'un recueillement aussi peu crédible que notre vocation militaire (qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour une bonne image, en l'occurence une image pieuse???)...

mais surtout, le premier des balcons du jour sur de superbes vues mer et montagne!

Ce n'est qu'une mise en bouche et en jambes. C'est maintenant que les choses sérieuses commencent. Adieu chapelle...

En route pour les cimes, celle que nous allons grimper...

et toutes les autres... Vous allez en prendre plein la vue!!!

Pas vraiment de sentier dans ces parages. Pas de balises non plus ou de petits cailloux semés pour nous indiquer le bon chemin. Ce massif est le royaume des pierriers, des lapias et des cairns.

À nous la pente et les grands espaces !!! Droit devant ou en zigzag, à la recherche du meilleur terrain quand toute trace de passage humain s'évanouit...

L'important, c'est de grimper! Cool les filles quand même... pas besoin de courir après le sommet. Contrairement aux apparences, il ne s'éloigne pas au fur et à mesure qu'on s'en approche!!!

Il est urgent de savoir s'arrêter de temps en temps, savourer l'instant, l'ici et maintenant du cairn éternel...

explorer les bordures pour mieux en apprécier l'au-delà ...

snober l'immensité pour s'intéresser à la beauté du détail...

ces 2 vertèbres posées et posant sur ce rocher, par exemple, mais aussi le lichen et les plantes grasses qui y poussent envers et contre tout.

Et surtout , ne pas oublier de boire à la santé de Cocentaina flanquée de sa tour perchée... Mmmmmmmh, tu sais que tu es beau, Denis, incrusté sur ce fond d'écran plus tatoué que toi!!!!

Et, soyons fous, en profiter pour s'offrir une petite pause grignotage. (Henri-Claude, ne te retourne pas, mais je crois qu'il y en a un qui essaie de finir la rando monté sur ta casquette...)

On continue?...

Nous touchons au but. Le point culminant approche... Attention les yeux!!!!

Les 1456 m et la croix de La Moleta sont à nous après un peu moins de 2 heures de montée. Mais aussi Bernia...

l'Aïtana à droite et le Montgó tout au fond à gauche (pas plus grand qu'une souris, l'éléphant vu d'ici)...

Vous en voulez encore??? Allez, pour le prix d'une Moleta, je vous offre non pas un, non pas deux, mais trois sommets en prime : Bernia, Aïtana et Puig Campana, les deux plus hauts de la région et le plus beau. Que demande le peuple????

Un selfie? Mais la prochaine fois, les miss, laissez un peu de place pour le paysage!!!

Il vaut vraiment la peine. Même du côté des montagnes anonymes du coin.

Il ne manque que les arruis dans ce décor de rêve. Le troupeau de mouflons à manchette que nous avons vu il y a quinze jours près du sommet n'est pas au rendez-vous. À la place, une demi-douzaine de randonneurs mâles espagnols en route pour un parcours d'une vingtaine de kilomètres. Renseignement pris (par Henri-Claude bien sûr) en fin de rando (la nôtre, pas la leur) quand nous les retrouvons près des voitures, eux non plus n'en ont pas aperçu dans la montagne. Leur tableau de chasse se limite à un spécimen pris dans leurs phares sur la route lorsqu'ils sont arrivés à Penaguila au petit matin alors que le jour n'était pas encore levé. Il y en a qui ne rigolent pas. Espérons que ça ne va pas donner des idées à Henri-Claude...

Salut les gars! On vous laisse la descente du sommet par la paroi. On a déjà donné la dernière fois. Aujourd'hui, on tente le contournement repéré par Louis, plus long mais qui évite de mettre les mains (encore que...). Bref, on essaie autre chose... Ad'taleur!!!

Coucou! Nous revoilà ...

Tout le monde est là , on peut continuer...

Jusqu'à l'Aïtana???? C'eût été tentant (comme disait mon grand-père instit...) et nous avons failli nous laisser tenter. Mais c'eût été aussi peu réaliste, compte tenu de la distance réelle à parcourir qui aurait lourdement plombé notre rando. Donc, comme disait une prof d'économie échappée de la mémoire lycéenne ou estudiantine de Pascale : "à ce niveau là , ça bifurque!!!..."! Au Coll de l'Arbre, précisément, en valencien dans le texte.

J'ajouterais : "...et ça descend !!! Accrochez-vous, les loulous !!!" (même si je doute de passer à la postérité pour cette déclaration).

Nous avons basculé de l'autre côté. Le soleil fait d'abord mine de nous suivre. Mais se ravise et se cache finalement derrière un voile nuageux.

Il n'y a que les vautours qui ont fini par apparaître dans le ciel et acceptent de nous tenir compagnie tout au long de cette seconde partie de rando, un peu plus casse-gueule que la première. Y aurait-il un lien????

Pour l'instant, nous sommes toujours debout et nous avançons dans un décor quasi pharaonique,

entre pierriers, falaises et chaos rocheux. On en bave...

Et vous aussi, vous bavez, j'espère, devant une telle splendeur!!!

Pas la peine de préciser que la moindre idée d'un sentier est à oublier. Du coup, comme disent les jeunes, nous passons notre temps à hésiter entre l'option de passer au large ou celle d'attaquer le pied de la falaise. Et là , comme disent encore les jeunes, on peut observer un Jean-Marc en mode PLS, après avoir fait le mauvais choix.

Ouf! Il s'en est sorti sans y laisser trop de plumes ou de lambeaux de polaire...

Marina, elle, a fait le bon choix... Ça passe et en plus ça met en valeur son genre de beauté slave...

OMG, ça vous fait penser à quoi??? Un champignon magique? Une grosse... glace au lierre??? Oui, c'est ça avec une seule boule...

Nous voici arrivés au bout d'un premier pan de falaise et au pied de ce curieux bloc de rocher pointant vers le ciel qui nous nargue depuis un bon moment. Pascale et Daniel ont pris de l'avance. Ne sautez pas, on arrive!!!!!

Vous jouez à quoi les amis??? Aux lutins farceurs???

Eh non! C'est Henri-Claude qui joue avec la taille des images et nous concocte un fake. Mais un joli fake!!! Heureusement qu'il y en a qui debunkent...

Allez-y! Faites-vous plaisir! Montez tous! Plus on est de fous plus on rit...

Ça commence à me rappeler quelque chose ces images... Pas vous?

Ça y est, je l'ai!!!! Mais je ne savais pas qu'ils avaient tourné Le roi lion au pied de la Moleta. Dingue, non?????

Photographié sous cet angle, ça a moins de gueule tout d'un coup. Et sinon, on ne commencerait pas à être un peu trop nombreux là dessus ? Ça va bien finir par tomber un jour... De toute façon, on ne va pas y faire notre picnic. Trop d'ombre... Allez, on se casse avant que ça casse!

Les hommes d'abord!!! Il n'y a pas d'enfants et les femmes, c'est connu, ça résiste à tout...

Les pierriers nous attendent . On ne s'en lasse pas. Enfin... si quand même! Ils ont beau être photogéniques, mieux vaut les avoir en photo qu'en paillasson! (celle-la est un peu tirée par les cheveux, j'avoue, mais je suis au bout de mon blog...).

Tiens, un puits de neige, celui de tonton Virgilio pour ne pas le nommer (Ventisquer del Tio Virgilio en valencien). Tellement bien entretenu qu'il doit encore servir d'enclos pour le bétail...

Un rien t'habille en indien, Daniel, alias Plume de Vautour. Mais où sont ton cheval et tes nattes???

Au fond du dernier puits de neige, el Clot del Banc de l'Esquilador? Magnifique celui-là avec ses presque 10 mètres de profondeur et ses pierres colonisées par le lierre. À condition de ne pas y tomber.

Un rayon de soleil. Vite, installons-nous pour le picnic.

Tant pis si les sièges laissent à désirer et si la terre est de plus en basse, hein, Monique?

On se consolera avec notre menu du jour : salade de lentilles, magret de canard frais et pousses de luzerne.

Si les vautours ne nous mangent pas avant...

Car les voilà bien présents et intéressés tout à coup.

En fait juste curieux : après avec tournicoté autour de nous, ils vont se poser sur un gros rocher à une bonne centaine de mètres, repérés par Denis au téléobjectif...

et Henri-Claude aux jumelles. Bon... là , ils sont partis mais ils étaient encore sur le rocher quelques minutes plus tôt...

C'est tout pour cette rando de 500 m de dénivelé et 9,5 kms. Il faut retourner aux voitures et pour ça, reprendre un chemin très carrossable sur les 3 derniers kms. Mais dans l'autre sens, les gars, si on veut la terminer en 5h30 picnic compris.

Vous connaissez l'histoire du gars qui a failli repartir à pied de Penaguila à Altea parce qu'il croyait que sa clef de voiture était dans son coffre fermé de Mercedes alors qu'elle était dans la poche ouverte de son pantalon de rando? Demandez à Jean-Marc de vous la raconter quand vous le verrez, ou mieux, à Pascale. Elle a adoré!

À suivre et vive les randos engagées et les clefs retrouvées...

