Sur les sentiers de la Serra de Buixcarró
- catherineyautier1

- 12 nov.
- 5 min de lecture
Mardi 11 novembre, jour de rando engagée. Engagez-vous, qu'y disaient. Même un jour d'armistice? Surtout un jour d'armistice!!! La Serra de Buixcarró nous attend de pied ferme sur le massif de la Mariola, au dessus de Pinet, à un peu plus d'une heure de Moraira. Elle nous a offert à Didier, Nathalie, Bernard, Henri-Claude et moi, une superbe reconnaissance lundi dernier. Pas question d'attendre pour vous en faire profiter, les amis. Vous allez pouvoir découvrir à votre tour ce parcours exigeant,
"strictement réservé aux randonneurs bien entraînés et en pleine forme (...) dans une nature sauvage qui ne ménage aucune partie de votre corps" dixit notre guide suprême. Bref, vous allez pouvoir en baver vous aussi. On vous aura prévenus... Et voilà les 12 engagés du 11 novembre : Cathy, Daniel, Michel P., Martine, Robert H., Sabine, Jean-Marc, Pascale, Maurice, Denis, bibi et le caporal Henri-Claude.

Les tisseuses d'esparto de Pinet nous regardent partir, seules habitantes du coin que nous croiserons. Pinet est un village où il vaut mieux avoir une vie intérieure et où la meilleure compagnie semble être celle des murs.

Pas grave, c'est la montagne qui nous intéresse... Pas celle-ci, qui n'est, elle aussi, qu'une figurante dans un décor que nous allons rapidement laisser derrière nous.

Mais il faut bien partir vers quelque chose...

Donc, assez philosophé et en route mauvaise troupe!

Ça fait longtemps qu'on n'avait pas mangé autant de cailloux que dans cette première montée...

Ça vous plaît, hein, les gars ? Vous êtes chauds !!! Vous aimez ça crapahuter !!!

Bon, ben, salut, à la revoyure!... Parce que nous, on tourne à droite. Le pire, c'est qu'une fois la photo prise, ils sont repartis dans la même direction et qu'il a fallu les rappeler...

J'vous jure, ces bleus... De vrais poètes...

Il faut dire que la nature s'y prête. Elle explose de couleurs entre ajoncs et bruyères en fleurs. Par contre, pas la queue d'un lapin, ni d'un chasseur d'ailleurs...

Pourtant, il y a eu de la vie sur le plateau que nous traversons. Cette ruine en est la preuve. Et c'est surtout un nouveau décor pour photographes et modèles inspirés...

Portrait encadré de Daniel... La Joconde n'a qu'à bien se tenir...

Haka effrayant de Denis, notre maori de service...

Et photo de groupe, en technicolor et toujours fringant sur terrain pas encore hostile.

C'est pas tout ça mais le Pic de Les Foietes est devant nous. Et pour l'atteindre...

... il va nous falloir traverser la forêt enchantée et sauvage qui l'entoure.

Une forêt dense, qui ne lâche rien...

où la salsepareille règne en maître sur les taillis et les sentiers...

et où il ne faut pas hésiter à jouer du sécateur (à défaut de machette)...

Les arbres n'y tiennent pas toujours une forme éblouissante.

Mais, comme souvent dans la sierra Mariola, les pommes de pin sont spectaculaires.

La preuve... Je connais des sacs à dos qui vont se lester!!!

Les lactaires délicieux (ou sanguins des pins) ne se bousculent pas (encore?) au pied des troncs mais Sabine a l'oeil et ne cache pas sa joie... inversement proportionnelle à la taille de sa future fricassée, confiée aux bons soins d'Henri-Claude...

Celle de Pascale et de son lactaire safrané aurait pu être un chouia plus baveuse si Jean-Marc n'avait pas perdu en route le précieux champignon et le chapeau dans lequel elle l'avait douillettement calé pour le protéger. Sacré Jean-Marc, champion worldwide des objets perdus en tous genres !

Donc, amateurs d'objets trouvés, n'hésitez pas à marcher sur nos traces mais ne tardez pas si vous voulez avoir encore une chance de profiter du champignon. À moins qu'il ne soit tombé au fond de cet avenc, un vrai gouffre à deux pas du chemin, heureusement signalé par un panneau "peligro!" sur une petite portion interdite d'accès.

Longtemps cachée par la végétation et un sentier qui passe son temps à monter et redescendre, voici enfin une jolie vue sur les montagnes et plaines alentour. Quel gâchis, personne ne regarde!

Il faut dire qu'après plus d'une heure de traversée de la forêt qui couvre le flanc du massif, nous approchons enfin des 617m de la cime de Les Foietes. Et que nous avons hâte d'atteindre le point culminant de notre boucle, pourtant loin de marquer la fin de ses dénivelés négatifs et positifs.

Une petite halte avant le sommet pour immortaliser cette sculpture. Ce qui s'appelle avoir le coeur sur la main. Mais quand le coeur est en pierre, ça compte????

Où on va maintenant Denis? Comme prévu, sur la petite serra Buixcarró ou sierra Buscarot là-bas...

Il va falloir descendre puis remonter, avant de recommencer dans l'autre sens puisque c'est un aller retour. Mais où est la tyrolienne?

Denis et Daniel, partis comme dab bille en tête dans la première descente ne cherchent même pas le sentier qui continue vers Buixcarró et empruntent joyeusement sur plus de 500 mètres la boucle du retour, avant de prendre conscience qu'ils ne vont pas dans la bonne direction. Comme disait ma grand-mère, quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes... Et sinon, vous ne vous seriez pas fait greffer un cerveau féminin par hasard, les gars???? La prochaine fois, on vous prépare un briefing de départ avec petit croquis et tout et tout....

Pendant ce temps là, le reste de la troupe continue de descendre vers sa cible...

... malgré les obstacles de cette nouvelle portion de forêt.

Après une nouvelle échappée belle de Denis, revenu juste à temps pour nous mettre sur la première fausse piste venue d'une montée bien raide vers le flanc droit du massif (noter de ne JAMAIS emboîter le pas à Denis sans avoir tourné 7 fois le pied dans sa chaussure)...

... nous reprenons enfin le cours normal de cette rando, suffisamment engagée pour ne pas en rajouter, et la montée "officielle" qui nous amène à gauche de la cime (rien de politique dans ce choix qui permet juste à ceux qui le souhaitent d'accéder au point le plus élevé du massif).

Encore un peu d'endurance, on y est presque!!!

Ça y est!!!! Quelque cahouètes et gorgées d'eau fraîche pour fêter ça...

... tandis que Denis l'hyper-actif joue les petites sirènes sur rocher suspendu au dessus du vide

... avant de grimper mi-crapahute mi-escalade jusqu'au sommet avec Daniel et Jean-Marc, jamais fatigués eux non plus.

Ça ne vaut peut-être pas la conquête par Benjamin Védrines et Nicolas Jean du Jannu Est dans l'Himalaya mais c'est pas mal quand même...

Dernière vue plongeante sur notre petit groupe, suffisamment reposé pour repartir...

Dernière photo de pin up randonneuse pour le calendrier de novembre...

Dernière image de Denis bip-bip sur la crête d'en face (tu nous ferais pas un petit arbre droit sur le rocher du bout tant que tu y es????)

Et on entame enfin la redescente avec un maximum de prudence car le terrain est loin d'être stabilisé...

et la pente ne rigole pas... Pas question de foncer, le mode économie d'énergie s'impose : une fois tout en bas, il faudra remonter un peu plus de la moitié du flanc d'en face pour rejoindre la boucle où nous l'avons quittée.

Ouf! Le point de jonction est atteint. À nous la descente douce sur un joli sentier, un peu humide mais sans risque...

suivi de 3,5 kms plus confortables mais un brin ennuyeux de piste forestière puis de route.

Coup d'oeil au passage au Badall de l'Estret de la Vinya Vella, encore un gouffre, bien protégé celui-là. L'endroit idéal pour faire disparaître un corps. Quelqu'un a pensé à y chercher Dupont de Ligonnes ou Sandrine Jubilar???

Nous, après 10 kms, 480 m de dénivelé (et un peu plus de 500 pour ceux qui sont allés jusqu'au sommet et ont fait du rab) en 5h10, la seule chose à laquelle nous pensons est le picnic et la bière ou le vin bien frais qui nous attendent près des voitures.

À la vôtre, mais avec modération bien sûr! Il faudra nous croire sur parole car on n'a même pas pensé à faire des photos de nos libations...
À suivre pour de nouvelles découvertes et vive les champignons!!!



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