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Sur les sentiers de la Serrania, épisode 2

  • il y a 3 heures
  • 8 min de lecture

Jeudi 26 mars, en route pour Calles!!! Plus facile à dire qu'à faire. En tous cas, rapidement. Il faut attendre que la dernière tasse de café soit bue, l'ultime croissant avalé, la casquette oubliée à la Casa Rural récupérée, la gourde de mistela laissée sur la table du petit déjeuner ramenée à son propriétaire. Et les bagages et les 17 randonneurs bien rangés dans les bonnes voitures, le convoi peut enfin s'ébranler... L'inertie et l'étourderie des groupes sont sans limites, surtout le matin...

Heureusement, Calles n'est qu'à 15 kms de Chulilla. C'est le point de départ que nous avons choisi pour la rando du jour au terme de notre reconnaissance aussi foutraque qu'instructive du 19 février. Mal conseillés, nous avions laissé la voiture à Chelva. Résultat, une journée de 18kms pour un circuit cochant certaines des bonnes cases de la zone, mais dans le désordre et avec des gros trous dans la raquette. Bref, il restait à tout retricoter dans le bon sens et sur une distance raisonnable, donc à construire la boucle idéale avec la fonctionnalité de planification de Wikiloc. Mission accomplie. Nous allons pouvoir vérifier si ça marche!!!

Ce dont personne n'a l'air de douter a priori... Finalement, l'inertie et l'enthousiasme ne sont pas incompatibles!!! Youpie!!!!





L'Office de Tourisme vante les mérites du coin, qui allie nature et culture dans des paysages magnifiques encore marqués par une histoire ancienne. La Route de l'Eau remonte à l'époque des Romains et en garde de sacrées traces. Même si ça commence assez mal dans le village de Calles avec ce panneau détourné. Mais déjà sous les Romains, il y avait des petits malins...





Notre point de départ nous réconcilie avec la promesse de nature et découverte culturelle. L'eau est au rendez-vous dans un joli tableau que Monet n'aurait pas renié...





Pas de falaises ni de rio par ici, pour l'instant en tous cas, mais un bon vieux sentier qui monte vers le Cerro de la Torre Castro en passant par le Corral del Tio Celestin (Enclos de Tonton Célestin). Tout un programme...





Bonne grimpette sur un terrain plus raviné que caillasseux. Ça nous change!!!





Denis, qui se réveillait tout doucement de sa courte nuit, met le turbo...





... stoppé net dans son élan : sur le versant d'en face, il vient d'apercevoir un couple de cabras montesas.





Et il n'est pas le seul au balcon.





Merci qui??? Merci Bernard et Jean-Marc, qui nous ont doublés dans la montée et sont déjà presque arrivés au Corral, sans doute avec tambour et trompettes connaissant leur légendaire discrétion. D'où ils ont délogé et rabattu vers nous les deux pauvres bêtes qui ne demandaient rien à personne et pensaient y passer une matinée tranquille. Il faut dire que cette zone est un peu à l'abri des touristes qui connaissent leurs classiques et se concentrent sur les vestiges romains...





Nous approchons du corral, perché sur le versant opposé, celui des cabras qui ont disparu depuis belle lurette.




Le village de Calles, lui, réapparaît derrière nous dans la plaine, entouré d'un décor différent de celui de nos montagnes mais tout aussi spectaculaire.





Et voilà l'enclos, encore bien conservé, où, selon une légende urbaine, l'Oncle Célestin, un villageois du coin, aurait choisi de vivre à l'écart pendant des années. En fait, il s'agit tout bêtement d'un enclos-grotte, ayant longtemps servi (et servant peut-être encore à l'occasion) d'abri naturel pour les bergers et leurs troupeaux.





Car, derrière ces murs de pierres et sous le rocher sur lequel ils sont posés, se cache en fait une coquette petite grotte (plus facile à écrire qu'à prononcer). Mais je vais trop vite... Les autres ne sont pas encore arrivés!





Les voilà justement... au pied des échelons qui équipent le mur-rocher d'enceinte. Quelque chose me dit que le groupe a trouvé son prochain terrain de jeux et moi une source d'inspiration pour ce blog.





Je ne sais pas si vous avez déjà grimpé des échelons qui hésitent entre verticalité et horizontalité. Mais c'est vrai que c'est assez gai, comme disent les belges. Chacun son style. Chacune sa technique.

Il y a la position en cloche de ceux qui n'oublient jamais de rentrer le ventre en toute circonstance.





Le gars Michel qui semble avoir fait ça toute sa vie, vole au dessus d'un nid d'échelons...





Sabine pratique la méthode ventouse, pieds au plancher bien calés contre les échelons, une méthode conçue pour résister à tout, même au dégagisme en mode boxe française...




On appréciera aussi la technique discrète main aux fesses dégenrée pour un Hervé en voie de déconstruction...




suivi d'un passage de Magali façon pilate sans-les-mains-tout-dans-les-fessiers-et-les-abdos...





Plus épuré et sans fioriture, on aime ce look athlète russe de Marina, travaillé jusque dans la tenue vestimentaire...




Il y a aussi bien sûr la prestation à la Denis, tout en sobriété...





un rôle sur mesure Actor's Studio, pour seul en scène ou de préférence duo de choc...





Quel talent!!! Quelle classe!!!!





Vous faites vraiment la paire tous les deux!!! De quoi? Ben, au choix, de pieds nickelés, de charlots, ou de pitres des montagnes...





Et il y a ceux qui ne se contentent pas de monter mais soignent leur arrivée jusqu'au bout, allant jusqu'à saluer leur public...





... avant de renaître au monde! En toute simplicité...





Ça y est? Tout le monde est monté? Personne n'est resté au bord du chemin?





Dis donc, tio Enrique, j'espère que tu n'as pas prévu de t'installer ici pour y passer le reste de ta retraite...





Et toi, tonton Patrice, si tu es trop fatigué, tu peux rester là pendant qu'on monte à la Torre Castro. Mais rends-moi ma jambe, je vais en avoir besoin...





Bernard, c'est pas le bon chemin, ne vas pas tomber dans la cheminée ou un quelconque conduit d'aération!!!





Mais qu'est-ce que tu fais là-haut Dom??? Ça fait longtemps que ce chantier-là est abandonné...





Si tout le monde a fini l'escalade des échelons et la visite du Corral, on va pouvoir monter au bout de la falaise...





et abandonner la grotte à sa solitude jusqu'au prochain passage de randonneurs ou de cabras montesas...





Bon, vous venez ou pas?????





Nous, on est partis...





Et d'un bon pas en plus...





STOOOOOOOP Hervé, pas plus loin que le bord!!! Après, la marche est sacrément haute... Et sinon, vous avez vu la tour, vous??? Je l'aurais bien photographiée cette Torre Castro, mais c'est encore un attrape-touristes..





Y'a peut-être pas de tour mais y'a des bananes...




du café, des paysages magnifiques et de l'amour...





Beaucoup d'amour!!! En même temps, j'en connais qui pourraient pousser les wagonnets au fond de la mine et qui trouveraient encore le moyen de se bécoter...





Je sais que les vestiges romains sont là depuis près de 2000 ans et qu'ils peuvent bien nous attendre encore un peu. Mais si on y allait????





Alors, en route les amis, droit devant, ou presque!!! Il suffit de suivre les balises jaunes et blanches.





Jusqu'à ce qu'à un détour du chemin, le sentier se transforme en "tranchée" équipée de planches en caillebotis...




Les canalisations taillées dans la roche sont de l'époque romaine. Les caillebotis, non.





Du haut de ces parois, 20 siècles vous contemplent... Dingue!!! Et vous n'avez encore rien vu. Le meilleur reste à venir...





Les canalisations traversent des pans entiers de montagne, truffés de tunnels...





Attention la tête!!! Et je ne veux entendre personne se plaindre de la taille des romains. Il y a des moments où on doit en avoir marre d'attaquer la falaise, qu'on soit petit...




ou grand...





En plus d'ouvrir une incroyable fenêtre sur les débuts de notre ère, l'architecture de ces tunnels est d'une beauté stupéfiante...





Vous avez vu Michel? Il est passé par ici? Oui, et il repassera par là...





Coucou? Vous êtes où???





Poussez pas derrière. Il y aura de la place pour tout le monde.




Et si on en profitais pour admirer le paysage?





Quelle émotion quand on pense que les falaises et la gorge dans laquelle elles plongent ont vu les romains creuser ces galeries...





D'ailleurs, ce ne serait pas un légionnaire romain qui nous salue au pided de la Peña Cortada? Ah ben non, où ai-je la tête? C'est Denis qui avait disparu depuis un bon moment. Le voilà revenu de sa denière exploration...





Qu'est-ce que je vous disais? Le fond d'une canalisation ou le bout d'un tunnel, tout les inspire!!!





Sois prudent quand même, Dominique!!!




DOMINIIIIIIIIIIIIQUE???????????????????





La Peña Cortada ne fait pas que s'admirer au loin. Elle se traverse aussi et se transforme au fil des heures et de la lumière (et de l'exposition de l'appareil qui la prend aussi sans doute). La voilà à l'aller...





Et au retour, car nous sommes repassés dans l'autre sens une bonne heure plus tard... À moins que ce ne soit l'inverse... Mais à qui appartient cette silhouette? Je parierais pour Anne.





Quant à ces jambes interminables, elles n'appartiennent ni à Henri-Claude ni à Françoise. La faille a beau être étroite, on n'est pas obligé de subir un étirement des membres pour y pénétrer ou en sortir.

Dommage... Le rocher, lui, a été coupé par la main de l'homme sur une longueur de 26 m, une hauteur de 18 m et une largeur de 90 cm. De vrais travaux d'Hercule (ou de romains...)





Et à la sortie de la Peña Cortada, qu'est-ce donc que ce couloir tout droit? Une nouvelle sorte de canalisation?





Eh non!!! C'est le fameux aqueduc romain de la Peña Cortada, de son vrai nom Puente del Barranco de la Cueva del Gato (pont de la gorge de la grotte du chat, ouf...), construit à 18 m de hauteur pour traverser le canyon entre la fin du Ier siècle et le début du IIème.





Le clou du spectacle... qu'on le regarde ou qu'on le traverse... d'un côté...




comme de l'autre... Quelles couleurs, quels volumes, quelles formes harmonieuses!!! Quel chef d'oeuvre!!!





Denis réussit à énerver une partie de la troupe quand il annonce qu'il va faire le poirier sur le pont. Comme quoi, on ne peut pas toujours faire rire quand la peur s'invite, surtout quand on est un champion assumé de l'intox et de la provoc.





Allez! On passe à autre chose et on continue jusqu'aux piles du Pont de la Rambla de Alcotas. Un autre aqueduc, effondré celui-là, situé à 1km de la Peña Cortada.





entouré (et quasiment englouti) par une abondante végétation d'ajoncs de provence, d'amandiers, d'oliviers et de pins.





Des ruines de la même époque majestueusement photogéniques...





... et délicieusement reposantes.





Je ne sais pas vous, mais moi j'en mettrais bien un morceau dans mon jardin...





Non, Denis, n'entame pas l'escalade de la pile la plus haute. Joue plutôt avec ton frère.

Ça y est, je l'avais sur le bout de la langue et j'ai enfin trouvé le mot pour vous. Vous êtes des SALES GOSSES!!!! Voilà, c'est dit.





Il ne reste plus qu'à repartir sur nos pas jusqu'à la fin des tunnels avant de plonger dans la pente et le barranc pour rejoindre nos voitures. Et avant ça, s'offrir un moment de douceur dans ce monde de brutes. Pas de quoi classer X ce baiser, même si les langues s'en mêlent et s'emmêlent...




Descente sans autre histoire qu'une chute sans gravité de Patrice. La casquette qui avait déjà failli rester dans la salle de bain de Chulilla n'est pas passée loin cette fois de l'oubli au bord du sentier...





C'est vrai qu'on descend tout au fond du barranc et qu'il y a un peu d'eau en ce moment, mais ce n'est pas la peine de sortir ton masque et tes palmes, Hervé...





Quand on parle du loup... Pardon, de l'eau...





De l'eau, il y en a certainement eu beaucoup plus au moment de la DANA de 2024. Il n'y a qu'à regarder tous les débris végétaux qui continuent de s'entasser après avoir été charriés par la crue.




Les cabras montesas, le retour! Cette fois, c'est une mère et son petit et quelques autres cousins à eux, qui nous regardent passer au bord du dernier kilomètre.





Et le Merendero Marina ouvre spécialement pour nous avec un menu rustique mais tipico, museau de porc frit (morro de cerdo, dans la main droite d'Henri-Claude) et Olla Churra, sorte de ragoût lui aussi chargé en gras et cartilages de toutes sortes.





C'est fini!!! Et je suis bien contente que nous ne soyons pas partis 3 jours. Surtout avec des photographes aussi déchaînés. Pour info, nous avons dû trier 1212 photos...

À suivre. Vive les romains, les cabras montesas, les casquettes et Wikiloc.

Et fais de beaux rêves Denis...



 
 
 

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