Sur les sentiers de la Sierra Mariola au dessus d'Alfafara
- catherineyautier1

- 30 avr. 2025
- 8 min de lecture
Mardi 29 avril, ouf!!! Après avoir retrouvé dimanche notre statut de grands-parents à la retraite et survécu lundi à la méga panne électrique espagnole, nous repartons sur les sentiers pour une randonnée engagée. Nous avons choisi un parcours exploré avec Anne et Michel 3 mois plus tôt. 14 kilomètres de pur bonheur, avec village ibère, grotte préhistorique, puits de neige et orgie de nature printanière, le tout sur la sierra Mariola au départ d'Alfafara.
Nous étions 16 inscrits, mais nous ne sommes finalement que 9 présents ce matin. La faute à des contretemps, virus divers et effets secondaires du black-out de la veille... Il y a des jours comme ça... Mais on ne va pas se laisser abattre !
Nathalie et Bernard, Sabine et Dominique, Daniel, Marc, Françoise, Henri-Claude et moi, tous ensemble, tous rebranchés et à fond, on va en profiter de cette journée!!!

Ce n'est pas un ciel grisouille et un vilain petit vent du nord qui vont nous en empêcher. Les réseaux et Wikiloc sont revenus. Et nous on est partis... La pente et les cailloux d'Alfafara n'ont qu'à bien se tenir.

Un peu plus haut, la vieille bâtisse en ruine dévorée par la verdure veille toujours sur sa falaise et son ravin.

Pour compléter le tableau, quelques vautours tournent dans le ciel. Trop loin pour la photo mais suffisamment près pour se laisser admirer.

C'est une végétation déchaînée qui nous accueille sur le premier plateau. Le printemps est explosif et sans limites cette année par ici. Merci qui? Merci la pluie!

Non, vous ne rêvez pas. Ça a la couleur du lilas, l'odeur du lilas... C'est du lilas!!!

Dans le jardin enchanté de cette maison, désertée momentanément par ses habitants et bien content de notre visite qui le sauve de l'ennui, il y a même un tamaris. C'est dingue, c'est même, n'ayons pas peur des mots, .... gai!!!!

La vieille voiture d'à côté continue de rouiller sur pneus. Elle ne risquait pas de partir de toutes façons... Allez! Tous à Deauville!!! Je rigole....

Celui qui rigolera moins dans 2 minutes, c'est Bernard, en essayant de se débarrasser de la mousse toute pourrie du dossier incrustée dans sa polaire .

Bon, on y va? C'est bien joli, les hameaux fleuris, les vielles bagnoles et les chênes carrascas centenaires, mais on a un village ibère, une grotte préhistorique, des neveras et un paquet de kilomètres qui nous attendent. Faudrait voir à descendre de ton arbre, Daniel, et à reprendre le sentier vers le Cabeço.

Oui, celui-là, qui n'en finit pas de grimper et de s'échapper à droite ou à gauche, avant de repartir à gauche ou à droite et de grimper encore...

... pour s'extraire finalement de la forêt de pins et de chênes qui couvre une grande partie de la Mariola.

Devant nous, le plateau du Cabeço, où il ne reste malheureusement pas grand chose du village ibère qui a pourtant réuni pendant 4 siècles jusqu'à 700 habitants avant d'être détruit par les romains entre 200 et 100 ans avant J.C.

Même vidé de ses ruines, le site reste spectaculaire et comme hanté par l'ombre de ses habitants d'il y a 2500 ans et des poussières...

Pourtant, à part nous, les seuls occupants des lieux ce matin sont un aigle botté dans le ciel...

furtif et flou mais homologué...

... et les insectes déchaînés et comblés par ce printemps de folie. Comme ce bourdon, en pleine étreinte amoureuse sur le pistil d'un des millions de cistes cotonneux qui couvrent la Mariola et tous les massifs de la région.

Et si nous remontions encore de 2 à 3000 ans l'échelle du temps en descendant ces dalles, pas encore tout à fait noyées dans la brume...

... ce qui ne va pas tarder !

Encore un peu plus bas, les gars, en faisant bien attention de rester sur vos jambes. Ça peut vite glisser sur ce terrain, comme l'arrière-train et un coude d'Anne l'ont douloureusement vérifié pendant notre reconnaissance de janvier.

Françoise a bien raison de préférer l'accotement, pour une fois plus stabilisé que l'axe principal...

La grotte de Bolumini et sa démesure préhistorique sont au bout de ce trottoir de géants.

Même si elle paraît très hospitalière, il semblerait qu'elle n'ait servi que de lieu de sépulture pour les habitants des plaines environnantes de l'époque néolithique (ou plus précisément calcolithique).

En tous cas, c'est ce que révèlent les fouilles réalisées depuis sa découverte.

Et pourtant, la vue y est prodigieuse et imprenable. Enfin... par temps clair!!!

Allez... parce que c'est vous!!! Petit flash-back d'une reconnaissance sous ciel bleu hivernal...

Pas grave... On se régale sur un tel terrain de jeu. Et toutes les occasions sont bonnes pour faire le mariole (le mariole sur la Mariola, vous l'avez, la blague "Almanach Vermot" du jour ?...). Partout et n'importe comment. Le mariole imprudent en grimpant à l'assaut de la seule colonne qui tient l'ensemble depuis la nuit des temps. Je serais toi Bernard, je ne jouerais pas avec le feu...

Le mariole téméraire en partant explorer la face obscure de la grotte qui ne cache ni ours ni loup, mais un vrai trou béant après quelques mètres. À ta place je n'irais pas, Daniel, même avec des grandes jambes comme les tiennes...

Le mariole marivaudant en osant des rapprochements calcolithiques ou presque. Je ne suis pas jalouse, mais Daniel risque de regarder ce blog et de nous faire un coup de calcaire justement. Je dis ça, je dis rien....

Les marioles inconscients en se foutant de la gueule des anciens occupants. Perso, Dominique et Bernard, j'éviterais de marcher sur des tombes en mimant le mort-vivant préhistorique. C'est risqué!!!!

Heureusement qu'il y en a qui veillent au grain et laissent une offrande avant de quitter les lieux. Les esprits de la grotte te remercient Sabine...

C'est d'ailleurs le moment que choisissent les nuages pour se dissiper. Pas trop tôt !!! À défaut de lumière, les dieux de la visibilité sont enfin avec nous...

Du coup, plutôt que de suivre le parcours reconnu et de remonter sur le plateau, nous décidons de poursuivre le sentier vers le bas.

Nous rejoindrons nos traces un peu plus loin... Un brin d'aventure et de découverte ne nous feront pas de mal.

Nous pourrions même, soyons fous, nous autoriser à ouvrir une nouvelle trace qui nous rapprocherait de la grande maison que nous n'avions vue que de loin pendant notre reconnaissance...

... en suivant un sentier un peu oublié à travers champs de fleurs et massifs de thym en pleine floraison eux aussi.

C'est décidé. On innove! Juste après une pause almuerzo mémorable à la croisée des chemins. Pourquoi mémorable? Parce que Nathalie a eu le temps de préparer un far aux pruneaux pour 16 personnes avant que tout ne s'arrête hier. Moëlleux à souhait, breton jusqu'au bout de son beurre salé, bref, SOMPTUEUX !!! Et comme nous ne sommes que 9, il y en aura pour l'almuerzo ET le picnic de 14h. Les absents ont toujours tort d'habitude, mais cette fois, nous leur donnons raison et nous les remercions sincèrement et avec gourmandise...

Et nous voilà repartis hors des sentiers battus...

Notre chemin des écoliers nous conduit comme espéré devant la propriété, qui, ô surprise, nous attend toutes grilles ouvertes. Il y a bien un dispositif d'alarme annoncé et une caméra à l'entrée. Mais l'invitation est trop tentante...

Sauf pour les plus légalistes d'entre nous... Alors? On ne fait plus les marioles???

Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas nous rejoindre? Vous ne voulez pas être belles et rebelles commer moi, les filles? Vous préférez l'option moches et remoches???

Venez au moins admirer la vue!!! Exceptionnelle cette vue sur la vallée et Bocairent!!!

Bingo!... Ça a marché! Ou alors, ils s'ennuyaient trop, enfermés dehors, tout seuls derrière leur ligne rouge.

Nous, on visite du bout des yeux, interloqués par les mystères de cette maison oubliée au milieu d'une rénovation de luxe (depuis au moins 10 ans, dixit le spécialiste Dominique)...

...dont le faste et les matériaux nobles côtoient le vide et l'abandon.

On ne s'ennuie pas mais ça fait 2 heures et demie qu'on est partis et nous n'avons même pas fait un tiers du parcours. Salut belle endormie!!! On va désormais t'admirer de loin...

Avec tous ces changements, nous nous prenons un peu les pieds dans la boucle. Remontés trop vite et trop directement vers la cime du Portin, voilà-ti pas que nous avons loupé deux curiosités du parcours, la bizarre formation rocheuse del Taulellets et le puits de neige du même nom, tellement bien caché dans la végétation qu'il est fortement déconseillé de fréquenter ce massif de nuit ou même de jour le nez en l'air. On y tomberait facilement. Vous le voyez devant vous?

Non??? Et pourtant il est juste là... Ne saute pas Daniel!!!

Il faut encore revenir plus loin sur nos pas pour découvrir le Taulellets, fièrement dressé, au garde à vous, tel un grand ..., telle une grosse..., en tous cas en plein morning glory!!!

Près du Taulellets, le monde se divise en deux : il y a celles (ou ceux) que l'objet laisse songeuses...

... et celles (ou ceux) qui ne pensent qu'à l'escalader.

En vain...

Et il y a aussi celle qui prie à ses pieds (Françoise ??????????????????????)

Mais quoi qu'il en soit, le groupe reste fusionnel...

... et l'endroit magique, malgré tous ces esprits mal placés... (surtout le mien...)

Nous voilà enfin repartis de l'avant après tous ces retours en arrière. Nous arrivons au point culminant de la rando, sur le sommet du Portin, à 1077 mètres d'altitude. Le vent du nord redouble. Fait pas chaud... Et sinon, qu'est-ce que vous avez à tous regarder par terre? Quelqu'un a perdu ses clefs ou quoi???

La vue est pourtant belle et mériterait un peu plus d'intérêt...

Mais pas question de pique-niquer ici. Nous allons chercher un coin plus abrité et peut-être pousser jusqu'à la Nevera de don Miguel, dernier clou de la balade... Un peu d'accélération ne serait pas de refus. Nous n'en sommes qu'à la moitié du circuit. On s'endort dans les rangs... Tout le monde descend. Et plus vite que ça!!!

Et quand la descente se corse, le patron est toujours là pour donner un coup de main...

Et moins d'une demi-heure plus tard, les murs de la Cova de Don Miguel apparaissent...

On pourrait d'ailleurs parler de murailles, tant ils sont épais et tant la le puits de neige ressemble à un fort!

Je vous trrrrrouve trrrrès beaux mais tout rrrrrriquiquis, à l'échelle de ce monument, les gars...

Aaaaaah, là c'est mieux!!!!!

Et voilà... Après un picnic très réussi agrémenté d'une seconde part de far aux pruneaux, il ne nous reste plus (façon de parler) qu'à avaler les 6 ou 7 derniers kilomètres et surtout les descentes, féroces et sans fin, surtout la rouge... (Demandez au genou droit d'Henri-Claude ce qu'il en pense...)

Fais voir quelle distance et quel dénivelé il reste, Catherine???

Sur notre chemin, nous croisons des RBNB un peu limites...

... des arbres fleuris (pommiers???)

... un affaissement de sentier toujours aussi problématique et acrobatique (heureusement, Bernard veille au grain)

... et un bassin moins tentant que dans mon souvenir et qu'il n'y paraît sur la photo (le vent de plus en plus frais n'y est sans doute pas pour rien...)

On est tellement contents d'arriver au terme de ces 14,7 kms et 720 m de dénivelé que vous aurez 2 photos de groupe pour le prix d'1. Celle de presque fin, à 20 mn et 1 kilomètre du bol de sangria...

Et celle de vraie fin, au bout d'un peu plus de 7 heures de rando dont 4 en mouvement... Qu'est-ce qu'on a bien pu faire des 3 autres? Le mystère reste entier...

Ce blog lui aussi n'a que trop duré... Je vous salue bien bas et vais de ce pas préparer mes valises pour Minorque où nous partons demain pour 6 jours fêter l'anniversaire d'Henri-Claude.
À suivre et vive l'électricité et les randos sympas!!!


Commentaires