Sur les sentiers du Cavall Verd (alias Penyo Roig)
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Nous ne l'avions plus chevauché depuis un jour de pluie de février 2024 avec LAFMA, le Cavall Verd (Cheval Vert) est notre destination randonneuse de ce mardi 19 mai. Un vrai rodéo plutôt, histoire de fêter dignement la reprise des randos engagées, après plus d'un mois d'interruption pour cause de voyage en France et en Afrique. On ne peut pas être partout... En tous cas, ce matin, nous sommes 17 sur ce parking de Murla qui se prend pour un terrain de foot : Philippe D., Jean-Marc et Pascale, Isabelle et Philippe, Sabine, Christine, José et Sylvie, Jérôme, Cathy, Didier, Daniel, Philippe L., Anne F. et Henri-Claude et moi. 9 célibataires de circonstance et 4 couples, tous partants pour cette "rando découverte", faute de temps pour la reconnaître. Et en plus, parcours initiatique pour la plupart, car seuls José et nous deux le connaissons déjà. Même si nous n'avons jusque là gravi qu'un seul de ses deux sommets et que le second sera une première pour nous aussi (si j'ose dire).

Car ce Cheval vert (dont je vous conterai un peu plus tard l'origine du nom) ressemble plutôt à un chameau avec ses deux bosses... Comme le montre cette photo empruntée sur la toile.

Mais revenons à ce matin et aux vraies photos de nos vrais randonneurs au dessus de Murla dont le chemin de croix so spanish nous met immédiatement en jambes et nous conduit sans mollir...

... jusqu'à l'ermita de San Sebastian, que nous découvrons en plein chantier de rénovation.

Elle se fait belle, l'ermita! Surprise avec sa porte ouverte, peut-être pour faire sécher des peintures encore fraîches, elle nous dévoile tous ses charmes...

Et certains n'y résistent pas. Mais le prêche attendra, Philippe...

Ou alors, un truc vite fait, genre "Lève toi et marche...". Le soleil a décidé de frapper fort aujourd'hui et il n'y a pas beaucoup d'ombre là-haut.

En route, bande de mécréants!

250 mètres de rochers plus haut, la croix qui surplombe Murla offre un court répit à notre rude montée...

avant de nous recracher sur une pente et un terrain sans pitié pour nos jambes (surtout les petites, et je sais de quoi je parle...).

Premier sommet en vue! Et presque à notre hauteur... Mais en montagne, il ne faut pas croire tout ce que l'on voit...

Les chameaux, c'est vache, ça trompe énormément, comme les éléphants!!!

En parlant de bestiaire, difficile de définir ce curieux animal qui hurle à la mort, éternellement (ou presque...) pétrifié à flanc de la première bosse.

Et après tout, même si on n'a pas l'éternité devant nous, on n'est pas aux pièces! Qu'est-ce qui nous empêche de nous arrêter nous aussi pour méditer sur la vanité du monde et l'illusion des sommets?

Et célébrer la beauté et l'invincibilité des pieds bien chaussés! Zapatos unidos jamas seran vencidos!

Rien de tel pour se requinquer avant de prendre d'assaut la dernière pente rocheuse conduisant au premier sommet.

Contente d'être là et d'avoir vaincu la bête à deux dos, Sylvie? Ça valait le coup d'en baver?
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Il n'y en a pas beaucoup qui l'avoueraient, mais ça aurait été plus reposant d'accompagner Michel F. et son groupe dans la Marjal de Pego. On ne les voit pas mais ils sont là-bas, derrière le massif de la Segaria. On aurait aussi pu se contenter de vadrouiller du côté de Fontilles dont la léproserie nous a souvent attirés et paraît toute petite à nos pieds.

Ou bien traverser tranquillement Campell en prenant le temps de s'attabler en terrasse pour un petit café...

Mais non! Vous êtes des randonneurs engagés, les gars et les filles! Pour le meilleur et pour le pire!!! ll vous reste une bosse à gravir. Et ne me demandez pas par où et comment on grimpe là-haut. Je vais le découvrir en même temps que vous. Elle est pas belle la vie quand elle est aventureuse et sportive?

Mais le pire n'est jamais sûr. Pas question d'attaquer le massif de front. Le sentier qui se fraie tant bien que mal un chemin dans ce chaos rocheux commence par contourner l'obstacle...

...avant de s'y confronter. Un petit coup de mou, Zaza? Plus que quelques mètres avant le bol de sangria...

Et voilà! La victoire et le deuxième sommet sont à nous. Le plus haut avec ses 766 mètres selon Wikiloc (et 792 selon Wikipedia).

Un refuge bienvenu pour notre petit groupe, ses 17 paires de cuisses et ses 34 genoux bien fatigués...

Bon appétit mesdames et messieurs. Et sachez que si vous avez souffert pour arriver jusqu'ici, ce n'est rien en comparaison de ce qu'y ont vécu les 17000 maures rebelles, retranchés sur cette montagne en 1609 pour échapper à l'édit d'explusion de Philippe III et dont seuls 11000 ont survécu à l'encerclement et aux massacres par les armées espagnoles. Une ancienne prophétie maure leur prédisait qu'!ls seraient sauvés par un fantastique cheval vert. Le cheval n'est jamais venu et le nom est resté.

Un petit panoramique pour dissiper la mélancolie du moment?

Juste avant de redescendre... et de remonter encore? Non, ce petit sommet là n'est pas au programme. Et ces 2 personnages ne sont pas des nôtres. Ce sont des espagnols, les seuls randonneurs que nous apercevrons aujourd'hui. Nos chemins se croiseront encore en bas sur la route, permettant à Henri-Claude, pour son plus grand bonheur et le leur, de bavarder avec eux et de leur faire cadeau de cette photo. (Je vous la refais en langage de récit d'aujourd'hui : "Ce sont deux espagnols, les seuls randonneurs que nous allons apercevoir aujourd'hui. Nos chemins vont se croiser encore en bas sur la route, et Henri-Claude, pour son plus grand bonheur et le leur, va pouvoir bavarder avec eux et va leur faire cadeau de cette photo." Vous ne trouvez pas que c'est aussi bien et plus léger sans utiliser le verbe aller à tout bout de champ??? Désolée... c'était mon coup de gueule de la matinée après un podcast où il en pleuvait comme à Gravelotte. Vous, je sais pas, mais moi ça m'a fait du bien et ça (va) mieux!!!!)

Allez! On repart! Et c'est plus facile à écrire qu'à faire, surtout sans les bâtons... Car nous avons besoin de nos deux mains pour descendre cet escalier foutraque et chaotique qui nous ramène sur nos pas jusqu'à retrouver un chaos minéral un peu plus horizontal qui part vers la droite et poursuit le contournement du massif.

Et pour celles et ceux qui trouveraient cette rando un peu trop engagée voire dangereuse, juste un petit rappel de la chance qu'ils ou elles ont eu de la faire par temps radieux. Sinon, ça peut donner ÇA...

Il reste tout de même encore une dernièrer étape un peu délicate dans ce parcours du combattant. Le grande mur final, sa chaîne et ses échelons. Accrochez-vous pour la descente en rappel!!! Sans fioriture et efficace pour les premiers de cordée.

A part ça, il y a ceux qui tentent l'envers et la tête en bas!!!

Celles qui prendraient bien une rallonge côté jambes...

Et ceux qui sont favorisés par la nature!

Celles qui, à défaut de jambes interminables, ont quand même du style...

D'autres qui font avec les jambes et le style qu'ils ont...

Et d'autres encore que ça décoiffe!!! Ce qui n'est pas si mal...

... et n'est pas donné à tout le monde!

Bref, une bonne demi-heure et 17 apprentis alpinistes plus tard, nous avons tous soif et très peu d'eau dans les gourdes. Mais il faut tenir encore les presque 5 kms de descente vers la Vall de Laguar.

Heureusement, cette année est une année à cerises dans les vallées de la région. Et certains arbres sont encore garnis. Notre armée de moineaux, conduite par 2 corbeaux en chef, Daniel et Philippe D., fait une vraie razzia dans les vergers non clôturés qui bordent le chemin.

C'est bon?

Quelqu'un n'en a pas eu??? Non, mais on en veut bien encore...

À force de grapillage et de photos, Pascale finit par poser ses bâtons une fois de trop et par les oublier en route... Peut-être au pied de ce muflier? Quién sabe?

Et à force de cerises échangées et partagées, des célibataires du jour finissent par se rapprocher. Mais Cathy est une jeune mariée, Philippe!!! Pas grave, il n'est pas jaloux. Ça tombe bien, Guy non plus, paraît-il...

Et sinon, Fleix ou Murla? Il faut choisir... Sans hésitation, c'est Murla qui l'emporte. On ne va pas risquer de faire un détour sans savoir s'il y a un bar ouvert à Fleix.

Il n'y en a pas non plus à Murla mais les voitures y sont. Et il fait vraiment trop chaud et trop soif. Pas une minute à perdre... Nous prenons le chemin le plus court et sautons dans nos carrosses.

Tous à Alcacali !!! Vive les bars ouverts et la bière fraîche !!!

Et la rando-rodéo s'achève en beauté, dans la mousse et les bulles d'une terrasse ombragée, après 6h35 picnic inclus, 9,5 km et 544 m de dénivelé. Une "rando éprouvante, à pic et épique" pour citer Christine. Quant à moi, je propose de créér pour cette occasion une statistique supplémentaire : celle du dénivelé ressenti, inversement proportionnel à la longueur des jambes, et que j'estimerais pour ma part à un petit 800 mètres. Et vous???
C'est tout pour aujourd'hui. À suivre et vive les cerises quand elle ne sont pas ramassées...



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