Sur les sentiers du Ponoig
- il y a 8 heures
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Mardi gras tombe le 17 février cette année, le saviez-vous? C'est aussi le jour que nous avons choisi pour la rando engagée du mois. Au lieu de préparer le carême en nous déguisant et en faisant bombance, les mécréants que nous sommes se retrouvent au pied du Ponoig, troisième sommet de la Marina Alta. En plein vent, comme quasiment tous les jours de ce début d'année mais sous un grand soleil et un ciel qui retrouve enfin son bleu légendaire. Et moi, je renoue avec ce blog qui se fait rare ces derniers temps... 4 posts en octobre, 3 en novembre, 2 en décembre et 1 en janvier... De quoi faire frôler le manque et la crise d'angoisse à ses lecteurs les plus lointains, déjà en PLS pour certains. Pas de panique, amis des quatre coins du monde... Entre fêtes de fin d'année, séjours à Paris et hiver pourri (à l'échelle espagnole quand même, n'exagérons pas...), il n'y avait juste pas matière à bloguer. Mais, même à moi, la chose commençait sérieusement à manquer.
Et aujourd'hui, c'est repartiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!! Tout comme Hervé, qui est sorti du champ avant que Nathalie ait enfin réussi à déclencher son selfie de groupe au bout de sa perche. Et pourtant, je vous assure que nous sommes bien 13 sur la ligne de départ, Hervé, Daniel, Éric, Michel, James, Anne, Denis, Henri-Claude, Sabine, moi, Marina, Bernard et Nathalie.

On a tous des têtes à vouloir bouffer du lion, non? Ça tombe bien. Le surnom du Ponoig, c'est "el león dormido", le lion endormi. Allons donc le réveiller...

Nous partons vaillamment à l'assaut de la bête par son flanc gauche.

Tout sourire et la fleur au fusil, encore bien couverts pour résister au vent...

Le sentier est joli, le sous-bois accueillant. Ça tombe bien, nous n'avons pas fini d'en profiter. Ils vont nous faire avaler d'un coup mais en une bonne heure et quart, les deux tiers du dénivelé, pourtant copieux, de la journée. Plus de 500 mètres de grimpette non-stop.

De quoi partir concentrés, même pour les plus enragés de la troupe... Ça calme, hein?????

De temps en temps, au détour d'un arbre tombé au champ d'honneur du vent ou d'une trouée de ciel, on peut avoir l'impression que le col est proche...

Mais dès le virage suivant, le sentier replonge inexorablement dans les pins... et nous avec. Il y en a qui adorent...

D'autres que ça rend fou... Enfin, un peu plus que d'habitude...

Mais tout le monde finit par en avoir plein les mollets et les chaussures...

Heureusement qu'il y a des vues qui stimulent et donnent envie de continuer...

Accrochons-nous. Nous sommes à deux doigts et quelques litres d'acide lactique du bonheur...

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Jusqu'à ce qu'enfiiiiiiiiiin....

... un peu plus haut, derrière le sourire ravageur de Marina...

... là, au bout des pierres du sentier, et à portée de pieds...

Nathalie victorieuse et le premier col del Cigarri nous accueillent, après 517 mètres de montée à mon compteur!!!!!!

Il y a vraiment des moments où la vie vaut d'être vécue... Et je peux vous assurer que grignoter du gingembre confit et des petits gâteaux en buvant un thé chaud devant la mer, Benidorm et le Puig Campana en fait partie...

Contempler Denis en majesté avec ses chaussettes dépareillées aussi!
Il n'y a que les mouflons à manchette, que Daniel a vu (ou cru voir?) dans la montée qui ne sont pas au rendez-vous de nos émerveillements...

Hervé et Marina prennent la pose, un peu ailleurs, perdus dans leur rêve, grimper enfin au sommet de Puig Campana... Chacun son Graal...

Mais l'ascension du Puig, ce n'est pas pour aujourd'hui. Nous avons suffisamment à faire avec le Ponoig. Et d'ailleurs, si on continuait? Il y a un sentier à flanc de massif qui nous attend avec impatience...

Vous nous voyez là, en bas à droite de la photo, sous cette tempête de ciel bleu???

Pas d'erreur, c'est bien nous. D'ailleurs, nous ne commencerons à croiser quelques autres marcheurs que dans l'après-midi.

Allez, on ne mollit pas et on continue notre traversée à flanc jusqu'au collado de Llamp.

On y est presque !!! Juste le temps d'une photo des 3 bogosses de la bande. On peut dire qu'ils ont raté en beauté leur déconstruction de genre, ces 3 là... Ont-ils même essayé un jour??? C'est à voir...

En tous cas, nous, on a profité de l'occasion pour les griller dans la montée vers le col.

Ils font moins les mâles-in maintenant...

... qu'ils se retrouvent presque en fin de peloton. Je rigole! Ça ne va pas durer...

En approche...

Encore quelques marches et quelques centaines de mètres...

Et nous passons de l'autre côté, Denis en tête, qui s'offre une petite grimpette supplémentaire gratuite et l'exclusivité de ce cliché...

Nous voilà arrivés au pied du sommet du Ponoig, qui culmine à 1181 m, quelques 260 m de dénivelé et 1,8 km de piste caillouteuse et rocheuse plus haut.

Nous ne l'avions pas mis au programme de la reconnaissance. Il est au menu du jour. Et quand faut y aller...

J'avais gardé de notre première ascension en avril 2024 avec Lafma, le souvenir d'une montée raide et parfois acrobatique et d'une descente casse-gueule. Je confirme, avec 2 ans de plus et une forme un peu moins entretenue ces derniers temps. La cime du Ponoig, ça craint!!!!

Mais ça passe !!! Et on finit par en venir à bout, malgré une tendance partagée par beaucoup de sommets, à s'éloigner quand on s'en approche...

Dans ces moments là, il y a ceux qui triomphent en prenant quand même soin de rentrer le ventre...

celles qui dansent dans la pente...

avant de saluer un public qu'elles sont les seules à voir...

Il y a aussi, plus rarement mais ça arrive, des adeptes de la secte des adorateurs de sommets qui pratiquent leur culte.

Mais la majorité des grimpeurs arrivés là-haut se contentent généralement d'admirer et de photographier le paysage.

Et il y a de quoi dans l'ojectif de Denis : Penyon, Toix et Calpe (Ibiza que nous avions entrevue au premier col del Cigarri a été depuis noyée dans la brume)...

Mais aussi, dans celui de Nathalie, le Puig Campana (qui nous surplombe de 227 mètres)...

Plus étonnante, cette galerie de reliefs préhistoriques, nous fait un clin d'oeil anachronique. Ceux qui se plaignent de n'avoir pas vu les mouflons promis pourront se vanter d'avoir croisé des dinosaures pétrifiés...

Sans transition (car n'y voyez aucun lien...), je vous propose une petite galerie de portraits sommitaux...
Quelques uns volés sur fond de Bernia... Un breton incognito mais qui sourit au cas où...

sa moitié, pour une fois photographe photographiée, ébouriffée et pensive...

et un ascète un peu moins ébouriffé et exceptionnellement au repos, malgré les milliers de fourmis qui lui courent dans les jambes...

Il y a aussi les portraits consentants et consentis. Deux à deux, faux couple...

et vraie paire...

Et deux à trois, en couleur...

... et en noir c'est noir.

Et si vous voulez le making off, le voilà!!!

Oups! J'ai failli oublier le haka des mâles alpha... Ç'aurait été dommage, convenez-en...

Mais bon, c'est pas tout ça, nous avons à peine parcouru 6 kilomètres et il en reste 8 "et des" (comme disent les belges, même s'il n'y en a pas un seul dans la troupe...). Sans compter qu'il va nous falloir redescendre sur nos pas jusqu'au col avant de pouvoir prendre le chemin du retour. Et que ce n'est pas une mince affaire...

Pas question de jouer les enragés. On y va tranquilo, mollo pomchips en français...

Concentration maximum. Histoire, petit a, de ne pas perdre le sentier...

...et, petit b, de ne pas perdre l'équilibre.

Et surtout, ne pas se laisser distraire par le paysage... Ce n'est pas moi qui aurais eu l'idée de faire cette photo. Et pourtant je suis tombée deux fois dont une en douceur et l'autre un peu moins (ma gourde en gardera pour toujours la trace...). Merci au passage à Hervé, qui me suivait de près et qui, avec l'empathie qui le caractérise, a constaté en rigolant que les sangliers faisaient vraiment des ravages incroyables sur les sentiers.

Je ne sais pas si d'autres que moi ont joué les sangliers en tombant dans cette descente de la mort, ils ne s'en sont pas vantés en tous cas. Mais par chance, nous sommes tous arrivés entiers en bas... prêts à repartir vers Polop sur un sentier beaucoup plus civilisé...

Prêts surtout à casser la croûte sans plus attendre du côté ensoleillé de la Coveta de la Moscarda...

... assis en terrasse, avec vue imprenable sur Bernia et Callosa. Grimpé au dessus de la grotte, Denis n'a pas résisté à la photo, ni au plaisir de balancer des cailloux juste devant nous, histoire de nous faire peur. Sacré Denis... qui ne rate jamais une occasion de faire tourner nos âmes crédules en bourriques. À moins qu'il ne cherche à nous faire rentrer plus vite, pressé qu'il est d'aller libérer ses chats, enfermés chez lui en son absence. Sous ses dehors de féroce maori aussi tatoué que rusé, Denis est en fait un pépère-à-chats au coeur tendre...

De toutes façons, nous ne partirons qu'après les crêpes à la confiture d'oranges amères de Nathalie (spéciales Mardi gras). Et un chupito d'herbero de la Sierra de Mariola, bu à la santé de Françoise et Daniel G. qui nous en ont fait cadeau, suivi (patience Denis...) d'une petite Chartreuse en provenance directe de la cave de Michel et Anne. Salud!!!!

Il ne reste plus rien à manger ou à boire? Nous n'avons plus qu'à redescendre, alors que le vent est tombé et que le soleil tape de plus en plus. La chaleur monte et elle n'est pas la seule, les randonneurs tardifs aussi. Je ne sais pas s'il font tout le parcours à l'envers ou s'ils se contentent de grimper à la cime. Mais quelle drôle d'idée de partir aussi tard!!! Enfin... ça fait des occasions de nouvelles rencontres pour Henri-Claude, qui manquait d'amis....

En parlant de rencontre, il paraît que Sabine n'a pas trop apprécié celle qu'elle a faite au détour du sentier... (je n'y étais pas, mais c'était dans le journal...)

Sans doute attiré par le rouge vif d'une polaire qui lui rappelait quelque chose, un loup des Carpathes (ou un loup de Calédonie, selon d'autres sources non confirmées...), serait sorti brusquement d'un buisson, tous crocs et tatouages dehors... Denis... M'enfin!!!!!!! À ton âge..... Lui, je pense qu'il n'est pas déconstruit parce qu'il n'a jamais fini d'être construit....

Et pendant ce temps-là, mon Dieu, que la montagne est belle!!!

Et la mer n'est pas mal non plus, surtout quand elle reprend sa couleur habituelle des hivers de la Costa Blanca.

À force de descendre, le sentier étroit s'est transformé en chemin forestier, puis en route asphaltée. Plus de risque de rencontrer le loup désormais. Mais que regardent-ils? "Des avions, des papillons, des mouflons? Prends-moi pour un couillon" dit Éric qui aime les rimes riches mais n'aime pas qu'on lui fasse prendre des vessies pour des lanternes...

Ni vessie ni lanterne, mais une école d'escalade (ou de varape?). Bref, des grimpeurs à la verticale ceux-là, profs et élèves qui défient les lois de la pesanteur et adorent prendre le chemin le plus court entre sol et sommet. Respect !!! Mais sans moi...

Adieu asphalte, nous plongeons à nouveau into the wild, dans le barranc, pour une dernière étape d'un peu moins de 2 kms qui va nous permettre de contourner la Sierra de Ponoig et de rejoindre nos voitures.

Ultimes péripéties pour randonneurs un peu fatigués, sur un sentier creusé par les VTT. Henri-Claude est passé et fait le cacou...

Denis, lui, fait le show et en rajoute comme d'habitude. Mais j'en connais qui ont frôlé la correctionnelle...

Et pour ceux qui adorent les cartes et qui n'auraient pas bien compris les différentes étapes de notre parcours de 14,3 kms et 890 m de dénivelé en 6h20, voici l'explication en image...

C'est fini....
Merci Denis !!! On s'ennuierait sans toi dans les randos... Mais cachez ce sein que l'on ne saurait voir!!!
Pas envie de voir ce blog classé X...

Salud a todos!!!

À suivre et vive les mouflons que l'on ne voit jamais, les oiseaux déguisés en papillons, Mardi gras et Henri-Claude sur les photos où il n'a pas de ventre... C'est pas moi qui le dis, c'est lui...



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