Sur les sentiers (en partie privés) de Sella
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Mercredi 18 mars, une fois n'est pas coutume, c'est la date que nous avons choisie pour la première rando engagée du mois. Et pourquoi? Parce que le restaurant El Tresor de Sella n'est ouvert ni le lundi ni le mardi et que ce resto est une case obligatoire à cocher sur notre parcours. Oui mais pourquoi un restaurant? Les engagés piquent-niquent d'habitude.... Et pourquoi celui-là et pas un autre ouvert le mardi? Et pourquoi? Et pourquoi? Je vous en pose des questions, moi? Un peu de patience... La réponse viendra en son temps...
Pour l'instant, nous arrivons à Sella, sans nous y arrêter...

Car notre point de rendez-vous est le Refugio Font del Arc et son parking accueillant, quelques kilomètres plus loin... Juste le temps de boire une gorgée de café pour se réchauffer,

... de laisser les cacous prendre la pose pour s'ambiancer,

... de nous imprégner de la poésie des lieux qui en termes fleuris et dans un graphisme éloquent nous enjoint de ne pas emmerder la nature,

... et de se faire tirer le portrait du groupe au complet par l'Iphone de Denis tout seul comme un grand. Michel, Bernard, Anne, Robert, Philippe, Pascale, Hervé, Svetlana, Daniel, Jean-Marc, Denis, Marina, Sabine, Catherine, Nathalie, Henri-Claude, comptez-vous! Nous sommes 16, donc nous sommes tous là...

Et nous pouvons partir à l'attaque de la rando du jour. Enfin... Denis-le-ninja peut partir tout seul à l'assaut de la pente. Nous, on va tranquillement emprunter le chemin qui tourne un peu plus loin.

Pour une fois qu'une rando commence par un échauffement en pente douce, on ne va pas se priver d'en profiter...

Enragés peut-être mais... tranquilo!!!!!

Comme ce paysage matinal tout en douceur et en beauté...

qui se poursuit par un paisible sous-bois. Il n'y a décidément que Denis qui reste aussi énervé... Mais où trouve t-il toute cette énergie???

Détend toi, Denis. Respire!!! Comme Marina et son amie Svetlana, la zénitude slave incarnées!!!

ou comme Pascale et Jean-Marc qui boivent les yeux dans les yeux... (Jean-Marc, enlève tes lunettes, regarde ta main et prend ta gourde...)

Toujours en approche, alors que le sentier a provisoirement laissé la place à des champs labourés mais apparemment stériles,

En approche de quoi? Eh bien de l'endroit où, lors de notre reconnaissance de février, nous avons croisé la route du propriétaire des lieux. Car, depuis notre entrée dans le sous-bois, nous traversons une propriété privée. À l'insu de notre plein gré car aucune indication ne peut le laisser deviner. C'est ce que nous apprend ce jour-là Hector sur son tracteur. Pas très heureux que cette zone, jusqu'alors préservée, figure depuis peu sur des circuits Wikiloc. Et qui préfèrerait nous voir contourner son domaine. Après avoir gentiment essayé de nous convaincre de la possibilité d'un parcours alternatif, il ne s'oppose finalement pas à nous laisser continuer notre route, d'autant que nous ne sommes que 7 et que le dialogue s'est bien engagé. Une discussion en partie en français (car Hector a vécu en France), au cours de laquelle nous apprenons que sa mère Rosa et lui ont ouvert un restaurant à Sella, baptisé el Tresor. Vous comprenez mieux maintenant, le choix du mercredi pour notre rando engagée??? Entre la reconnaissance et aujourd'hui, nous avons, Henri-Claude en tête, cultivé la relation, testé le restaurant et obtenu, sans la moindre difficulté d'ailleurs, de pouvoir faire passer un groupe plus important. Qui viendra déjeuner chez lui un jour d'ouverture.

Non... Ne nous remerciez pas!!! Remerciez plutôt Hector, propriétaire accommodant... et bogosse!

Bien!!! Marche d'approche terminée, explications données, et si on attaquait la première montée???

Ni très longue ni très difficile, à part certains passages creusés en forme de cuvettes raides et glissantes. Qu'il vous faudra imaginer car les photographes étaient trop accrochés à leurs bâtons ou concentrés sur leurs prises au sol pour les immortaliser. Détends-toi Pascale, voilà le premier col...

Mais quelle vision bucolique et charmante! Qui sont ces gens qui rivalisent de couleur avec moi, semble se demander ce ciste cotonneux et un brin myope?

Juste quelques randonneurs qui profitent de l'instant et d'un endroit un peu plat et garni de rochers confortables pour reprendre des forces...

En d'autres mots, nous, en train de partager notre premier almuerzo... mais pas le dernier.

Maître Corbeau-Bernard, sur son rocher perché, tenait en sa main un fromage. Maître Renard-Denis, par la vue alléché (mais alléché n'est pas trompé), lui tint à peu près ce langage. "Tu te foutrais pas de moi, par hasard, c'est pas du fromage, même pas un far aux pruneaux (j'aime pas les pruneaux de toutes façons), c'est un caillou!!!"

Et à part ça, tu photographies quoi, un rocher???

Non! Denis tire le portrait d'un alien local découvert par l'oeil perçant (malgré une toute récente hémorragie sous conjonctivale) d'Henri-Claude. Une mante religieuse, empusidae de son petit nom latin, à qui sa tête de démon cornu vaut son surnom de "diablotin". Charmante, la bestiole... Mais quand elle a regardé Henri-Claude et son oeil noyé de sang, je pense que c'est elle qui a eu le plus peur...

C'est reparti pour la traversée d'un étonnant plateau constitué d'une succession de larges terrasses non cultivées ni plantées d'arbres, sur lesquelles s'étire tranquillement notre petit groupe...

... avant de s'engager dans la pente qui mène à la crête sommitale.

Et celle-là, elle ne rigole plus!!!

Parfaitement dessiné, le sentier monte implacablement virage après virage, sans faire mine d'arriver au bout de ses lacets.

Le genre de sentier qu'on se jure à chaque fois d'avaler d'une traite (en serrant les dents, histoire de ne pas le recracher). Mais sur lequel, toute honte bue (en essayant de ne pas s'étrangler), on cède à la première excuse venue pour faire une petite pause (juste une). Regarder et pointer du bâton le sommet du massif d'en face, par exemple. Même l'arbre derrière nous s'y met. Et c'est quoi, cette excuse?

L'Aïtana bien sûr!!!!!!! Bien pratique. S'agissant du plus haut sommet de la région, il a une chance sur 2 ou 3 d'être dans le paysage de nos randos et de servir d'alibi...

Yeeeeees!!! Voilà la crête!!!! On l'a bien gagnée cette vue sur le Peñon qui pointe le bout de son nez.

Depuis le Tournoi des 6 Nations, Denis ne rate pas une occasion de sortir son drapeau!

Et il n'est pas le seul à avoir le triomphe franchouillard!!!

On se calme les amis! Il faudrait voir à ne pas franchir la ligne (bleu-blanc) rouge de crête!!!

Arrêtez de vous agiter et faites comme nous. Rien de tel qu'un petit café à la noisette pour se calmer et savourer l'instant. What else???

Oups!!! J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ??? Il est bon aussi ton thé Anne... Philippe non plus n'en a pas voulu???

Côté Sud, le paysage est encore plus à tomber...

Façon de parler bien sûr! Mais faites quand même attention à vous. Le coup d'oeil de trop est vite arrivé!!!

C'est vrai que vous regardez plutôt du côté du Peñon. Mais là aussi, c'est tellement beau qu'on n'est pas à l'abri d'un accident de panorama!!! D'ailleurs, plus serait insoutenable!!!

Bon, ben, c'est pas tout ça mais il est dejà midi et la descente va nous prendre plus de 2 heures. Donc en route pour de nouvelles aventures... Philippe, tu devrais regarder devant toi, je parie que dans quelques secondes tu vas te bananer... heureusement sans trop de bobo!!!

Gaffe! Sur cette crête, le terrain est plus qu'ingrat : le lapia saillant et abrasif guette le marcheur et le moindre faux pas se paie cash.

Prêtes pour la descente de l'autre côté les filles???

Alors, suivez le guide!!!

Concentration maximale du début à la fin !!! Car comme nous le rappelle Marina au début de la descente, il existe un dicton espagnol qui dit "Un toro es un toro, de la cabeza hasta la cola!". Vérification faite, l'expression exacte serait "Hasta el rabo todo es toro!" (Jusqu'à la queue tout est taureau).

Ce qui peut signifier pour les optimistes que jusqu'à la fin rien n'est perdu et pour les prudents que jusqu'à la fin rien n'est gagné...

Sabine a fait dans les derniers mètres de la descente la cuisante expérience de la seconde interprétation. Sans doute était-elle trop loin pour entendre la mise en garde. À moins qu'elle ne nous ait pas entendues parce qu'elle parlait, ce qui n'est vraiment pas de chance parce qu'elle ne parle pas souvent en marchant...

Nous voici enfin à l'abri des mauvaises surprises, sur terrain à peu près plat... Sauf pour Denis, à l'affût du moindre monticule. Denis ne rate pas une occasion de s'entraîner pour l'épreuve des poteaux de
Koh-Lanta.

À moins qu'il ne médite sur la tombe d'Arthadarshin, membre de la communauté bouddhiste Guhyaloka installée au bord du chemin. Avec Denis, tout est possible...

Et pendant que le chat médite, les souris avancent...

et poursuivent leur petit bonhomme de chemin...

... en silence pour ne pas réveiller le stégosaure qui dort...

... alors qu'au loin, le Puig Campana veille.

On dirait que Denis a fini de méditer...

Ça tombe bien. Nous approchons du Passet del Goleró...

La dernière montée du parcours mais la plus spectaculaire. Là sur la carte...

Et là!!!!! Derrière Denis...

Après avoir surmonté un dernier obstacle au péril de certains crânes et d'autres parties anatomiques que la décence m'empêche de nommer ...

nous attaquons le Passet en ordre dispersé.

Un vrai chef d'oeuvre de sentier de mules (sendero de herradura) qui convient également très bien aux chèvres!!!!

Réhabilité en 2023, il accueille toutes sortes de bergers et marcheurs à cheveux et casquettes et parfois ni l'un ni l'autre...

Et on ne se lasse pas de sa perspective en entonnoir sur fond de Puig Campana... une fois arrivés en haut. Pendant la montée, je dois avouer que je m'en foutais complètement de cette perspective...

Il ne reste plus qu'à suivre le chemin forestier puis longer une grande falaise

où les alpinistes commencent à se rassembler en tout début d'après midi...

... avant de plonger littéralement dans un dernier barranc. Sous un soleil qui commence à taper dur. Nous avions eu moins de chance lors de notre reconnaissance, ballottés par de vraies rafales de vent et trempés par une averse soudaine en arrivant aux voitures...

C'est plus cool aujourd'hui. Les 13,7kms et les 620 m de dénivelé de la rando sont passés comme une lettre à la poste en 5 heures et 5 minutes!!! Pour fêter ça, Pascale s'offre une petite partie de balançoire. Qui la berce tellement qu'elle en oublie ses bâtons et devra refaire les 4 ou 5 kms entre le restaurant et la Font del Arc pour les récupérer.

Repos et mousses bien mérités au restaurant El Trésor, au soleil de sa terrasse, c'est à dire en plein milieu de la rue qui conduit à la place de l'église de Sella. Il n'y passe pas grand monde heureusement...

Salut i forća al canut!!!!

C'est tout pour aujourd'hui... À suivre et vive les randos quand elles sont aussi belles et rebelles et les toros de la tête à la queue! Olé Denis!!!!



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