Sur les sentiers (muletiers) de Benirrama
- catherineyautier1
- 22 juil. 2025
- 5 min de lecture
Mardi 22 juillet, voilà bien longtemps - 42 jours très exactement - que je n'ai pas foulé les sentiers de la Marina Alta. Et encore beaucoup plus longtemps - ça se compte en années - qu'une randonnée ne nous a pas ramenés sur le Passet de Benirrama et le château arabe qui contrôlait il y a neuf siècles y pico l'entrée est de la Vall de la Gallinera.
Alors, la question qui vous taraude certainement, c'est pourquoi ici et aujourd'hui? La réponse tient en quelques mots : on est mardi, c'est beau, c'est ombragé et c'est court. Tout pour plaire, en cette fin juillet caniculaire, à notre petite bande de neuf randonneurs lève-tôt. Il est à peine 7h30 et nous sommes déjà sur la ligne de départ : 4 belges, plutôt frais pour un lendemain de Fêt'Nat, le père Alain et le fils Trystan, en casquette et lunettes bleues, ainsi que les éternels amoureux Françoise et Daniel, 1 italien et (pas peu) fier de l'être, Piero, et 3 françaises en bleu, blanc et rose, Nathalie, Sabine et bibi, venues en célibataires, sauf une dont l'Henri-Claude est bien là mais trouve encore le moyen de ne pas être sur la photo puisque c'est lui qui la prend...

Maintenant que nous avons sacrifié au rituel de la photo de groupe de départ, il serait temps d'y aller si on veut profiter de la fraîcheur matinale. Le sentier muletier nous tend ses pierres, ses cairns et sa montée zigzagante...

Mais même si le ciel ne nous réserve pas le bleu azur de notre reconnaissance d'il y a deux jours...

et que les nuages nous accompagnent aujourd'hui tandis que nous prenons de la hauteur sur Benirrama...

... pour la fraîcheur matinale, il faudra repasser. Pas de soleil certes, mais pas d'air non plus et une humidité qui nous plombe sur pieds et nous liquéfie... Et alors? Il en faudrait plus pour nous couper l'envie de sourire, hein Françoise?

Et ce n'est pas non plus un arbre mort tombé entre dimanche et aujourd'hui sur le chemin qui va nous arrêter dans notre progression...

Daniel, l'homme de Tibi, sort ses muscles. Et hop hop hop, plus d'obstacle!!!

C'est reparti vers le haut de la falaise...

On devine déjà le château d'Al Azraq, notre cible et le point d'orgue de notre virée...

Il n'y a plus qu'à franchir la ligne d'arrivée au bout de 45 minutes à peine de montée et de 2 ou 3 litres de transpiration (en ce qui me concerne en tous cas...)

Le plateau sommital est à nous... Il garde les traces de l'incendie qui a ravagé la zone il y a 3 ans.

Mais heureusement les chamaerops remettent plein de vert dans le paysage, en braves petits palmiers nains qu'ils sont... Les valenciens les appellent margalló, les espagnos margallón et c'est un nom qui leur va bien...

Ça se voit qu'on a chaud et qu'on a mouillé le maillot??? Et sinon, vous reprendrez bien un peu de pastèque??? J'ai longtemps hésité entre ça et un kouglof. Quelque chose me dit que j'ai fait le bon choix...

Alain et Trystan, vous faites quoi ? Vous pissez ou vous boudez ? Ni l'un ni l'autre si ça se trouve. Enfin... au cas où vous chercheriez le Montgo, il n'est pas par là ... Là c'est le Val d'Ebo...

Et si vous vous retournez, vous ne verrez pas non plus la mer bleue. Elle est bien là mais pour l'avoir en couleur, il fallait venir dimanche...

Nathalie tu n'es pas au garde à vous quand même? Repos!!!! Mais Nathalie ne rime pas avec repos...

Et pfffffuit! À peine saisie par le photographe, elle est déjà repartie et sortie du champ...

Nous n'allons pas tarder à quitter le plateau et rebasculer dans la descente sur le flanc nord du massif. Mais rien ne presse. Surtout quand il s'agit de photographier une immortelle et de disserter sur les vertus anesthésiantes et réparatrices de l'hélichryse, son huile essentielle. C'est le remède incontournable dans la trousse de secours de tout bon guide de randonnée. Avec elle, les hématomes n'ont qu'à bien se tenir...

Château en vue... une très belle vue d'ailleurs!!!

Ce n'est pas parce qu'Henri-Claude a de l'hélichryse dans son sac qu'on peut se dispenser de regarder où on met les pieds. La descente n'est pas trop difficile mais pas exempte non plus de pièges et de pierres qui roulent et déboulent sans modération...

Il faut rester prudents et concentrés, quelles que soient les tentations visuelles. Comme celle de la vallée dont quatre ou cinq des huit villages nous font de l'oeil et jouent les aguicheurs ...

Rien ne vaut un bon arrêt pour admirer le paysage. Et on n'est pas forcés de regarder dans la même direction. D'ailleurs, protéger ses arrières n'est pas superflu. On ne sait pas d'où la menace peut venir...

La preuve!!! On marchait tranquillement...

... et ces deux vététistes nous sont arrivés dessus sans prévenir...

Danger écarté, on repart!!!

On a dit qu'on repartait Daniel!!! Le château nous attend...

Ne vous précipitez quand même pas trop vite. C'est une propriété privée et on n'a pas le droit d'y pénétrer...

Du coup, on peut prendre le temps de discuter... "Elle est pas mal, je trouve, ma casquette belge, pas tout à fait aussi belle que ma penne de l'univ, mais bien quand même..." "C'est sûr mais laisse moi quand même te dire que rien ne vaut les casquettes italiennes... les pennes aussi d'ailleurs surtout avec du parmesan et de la crème..."

Franchement les gars, vous n'avez pas mieux à faire qu'à parler pâtes et casquettes? Devant un paysage pareil ???

Et puis, avec tout ça, l'heure tourne. Nous sommes attendus au Bar Roca pour un almuerzo croquignolet à 10h30. Si on pressait un peu le pas. Fait chaud et fait soif...

Allez, allez, on bouge !!!... De toutes façons, les mûres ne le sont pas encore... Et pour les figues, il faudra revenir dans un mois...

Dernière petite halte avant l'arrivée. (Et merci Nathalie pour cette photo, où on a tous l'air grands, minces et jeunes)

Le château est désormais loin derrière nous...

... et Benirrama déjà à portée de chaussures.

La calle Almassera et son bar Roca nous accueillent, pile à 10:30, 2h45 après notre départ. Quand je pense qu'on vient de tout là -haut, après 6,6 kilomètres et un peu moins de 300 mètres de dénivelé. Un circuit court mais intense et surtout bien chaud...

Le bar Roca porte bien son nom. Il rentre carrément dans le rocher. À moins que ce ne soit l'inverse... Et quelle belle tablée préhistorique !!! Où nous ont rejoints Simon et Julien...

L'almuerzo n'a rien de néolithique, lui... avec ses cocas en forme de beignets creux, à farcir avec différentes préparations, plutôt savoureuses.

Une simple pâte à pain frite et presque soufflée, dont la recette est un secret de fabrication bien gardé par le patron Raul ! Un vrai délice...

Pas bavard Raul, mais généreux avec le miel et le sucre sur les 2 dernières cocas qu'il nous offre en dessert.

Il ne manquait plus qu'un quemadito, café allongé...

pour que le bonheur de certains soit complet!

C'est notre voisin qui nous l'a conseillé. "Juste un doigt d'alcool" il a dit... Avant d'ajouter en rigolant qu'il buvait à la santé de Trump!!!

Bref! On a bien mangé et bien bu. Mais maintenant, il faut s'en aller, Alain!!! Encore heureux que tu n'aies bu qu'un quemadito !!! Un de plus et tu étais cramadito !!!

C'est tout pour cette rando de juillet. La prochaine ne sera pas programmée avant fin août. Mais on vous promet qu'elle sera aussi bien...
À suivre... et gaffe au soleil et aux quemaditos!

