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Sur les sentiers virtuels de Valence

  • il y a 2 jours
  • 9 min de lecture

Nous avons quitté hier le ciel bleu et les températures printanières de Paris pour la pluie battante et fristoune de la Costa Blanca. Décidément, tout fout l'camp... Et aujourd'hui, vendredi 6 mars, nous embarquons à 24 de bon matin, enfin, pas si bon car toujours aussi grisouille et humide, dans un bus XXL en panne de chauffage, direction Valence. Quelle idée, me direz-vous? C'est pas un temps à mettre autant de franco-belges dehors !!! Mais non justement, pas dehors, puisque nous partons pour une exploration de deux églises et d'un musée, tous piqués par la mouche du virtuel, ce qui en ces temps où le réel déconne plein pot, nous offre des vacances et une petite parenthèse enchantée. Cerise sur le gâteau de cette journée maussade et pluvieuse, les Fallas sont suspendues et aucune mascletà ne viendra torturer nos oreilles et nous flanquer la migraine...

Alors qu'est-ce qu'on attend, Sabine et Dominique, Béatrice et Édouard, Virginie, Pascale, Marie-Claire (notre organisatrice) et Guy, Muriel et Michel, Françoise et Bernard, Jeanne-Marie et Thierry, Nicole et Brigitte, Dany et Alain, Michèle et Thierry, Anne-Françoise et Jacques, Henri-Claude et moi? Tout le monde a son imper et son parapluie? En route pour la réalité augmentée!!!!




Première halte, deux bonnes heures et des trombes d'eau plus tard, au Mercado Central. J'aimerais dire que j'y suis entrée d'un pas aussi tranquille et élégant qu'Anne-Françoise. Mais l'excès de thé matinal et de pluie autoroutière, le froid pénétrant et humide de notre bus et les prouesses de notre chauffeur, Jose-el-tonto, qui a fini par s'arrêter en rase campagne après avoir suivi le chemin d'un autre marché, bref, la réalité bête et brutale qui m'a rattrapée très vite, ne m'a pas laissé d'autre choix qu'une arrivée au pas de course. En mode cerveau débranché et vessie aux commandes, objectif LES TOILETTES BORDEL!!!!! Réflexion faite, je ne devais pas être la seule, mais les autres étaient incontestablement plus dignes... (à part Sabine, victime en chemin d'une collision avec une valencienne moins pressée et sans doute mieux campée sur ses jambes qui l'a envoyée valdinguer avec fracas, elle d'un côté et ses lunettes de l'autre. Les lunettes n'ont rien, l'espagnole non plus et Sabine s'en est tirée avec un énooorme oeuf de pigeon sur l'arrière du crâne).





Le marché central, malgré ses toilettes, ses espagnoles costaudes et ses charmes indéniables n'étant pas le but de notre excursion du jour, vous vous contenterez de ces quelques nuances de légumes verts de saison ...





... et de la maxime du jour, un jeu de mots intraduisible sans lui faire perdre tout son sel. Désolée...





Et une fois le groupe reconstitué au propre comme au figuré après la visite guidée des toilettes et un almuerzo pris en ordre dispersé, de ci de là, à droite et à gauche, dans le marché et tout autour, nous rejoignons notre première église qui nous attend de pied et d'enfant de choeur fermes, de l'autre côté de la rue.





Je vous présente Santos Juanes, reine du baroque depuis 1693. Que dis-je, reine? Drag-queen plutôt!!! Surtout quand elle se réinvente en son et lumière...





... dans un spectacle en 4 actes dont nous avons malheureusement raté le début.




Elle n'est pas mal non plus, toute en dorures et en decorum un brin chargé, au naturel...





et en reflet sur un sol parfaitement réfléchissant (gaffe, ça glisse!!!)...





... prolongé par un vrai miroir, permettant d'admirer la voûte sans se détruire les cervicales. Et si, vous aussi, vous éprouvez un léger malaise devant cette photo, c'est normal. Regarder dans le miroir, c'est comme tomber dans le plafond...





Petit retour à la vraie vie et au bon vieux gothique réconfortant (même s'il est en partie Renaissance) de la Lonja (Llotja en valencien), le temple de la finance et du commerce de la ville au 15ème siècle. Le bâtiment est justement sur notre chemin, et même sans cela, il vaudrait le détour.





Avec ses espaces délirants, ses colonnes interminables et sa hauteur de voûte. Respect pour les nettoyeurs de luminaires et les chasseurs de toiles d'araignées au plafond qui n'ont pas peur du vide. Car la photo est réalisée sans trucage...





Incroyable, non??? Et un peu effrayant même. Mais on n'est pas non plus obligé de suivre la ligne blanche pour en ressortir vivante... Ce n'est pas une escape room les amis...





Dehors, la tendre et luxuriante verdure de cet hiver tellement pluvieux nous tend ses guirlandes de lierre.





Puisque tout le monde est là, c'est le moment de faire (enfin...) une vraie photo de groupe au complet (et le petit rigolo du fond à gauche est prié de remettre son panneau là où il l'a trouvé avant de quitter les lieux!).





Il reste une église si je ne m'abuse (comme disait le docteur du même nom...). San Nicolas, autre beauté mi gothique mi baroque, également appelée la chapelle Sixtine valencienne, elle aussi racontée et magnifiée par une projection audiovisuelle immersive dont nous n'avons, cette fois-ci, pas raté une miette. Des angelots bien réels, dont les quelques statues ou peintures s'éclairent et regardent passer leurs copains virtuels, beaucoup plus nombreux, qui traversent l'espace en volant dans un sens et dans l'autre, tels des super-héros à oilpé...





... des floraisons explosives du plafond qui passe en un clin d'oeil du printemps à l'été





... et du religieux au profane





... et n'en peut plus de chatoyer et de saturer les couleurs .





Sous l'oeil incrédule(?) sévère(??) réprobateur(??? ) consterné(????) d'un Saint Nicolas plus vrai que nature mais qui gardera ses impressions pour lui...





Pas mal non plus quand ça s'arrête, car comme dit celui ou celle qui a écrit la brochure (en espagnol dans le texte), ouvrez les guillemets : La beauté authentique ouvre le coeur humain au désir profond de connaître, d'aimer et d'atteindre ce qu'il y a dans l'au-delà, fermez les guillemets. Et là, pas de doutes, même sans guillemets, on est servis!!!





À part qu'Henri-Claude (et il n'est pas le seul...) n'ira pas au paradis car il était interdit de prendre des photos. Et que nous ressortons tous avec les cervicales en vrac, après cette expérience immersive dans une voûte qui culmine à plusieurs années lumières au dessus de nos têtes.





Le soleil ne serait-il pas revenu pendant que nous étions à l'intérieur???? Mais si... Une petite photo de groupe pour immortaliser l'instant! Souriez et restez comme vous êtes... Je vous trouve vraiment très beaux!!! Pas besoin de réalité augmentée...





On s'en fout des Apollons au torse musclé, Édouard ! Toi au moins, tu as des bras !!!!





Allez! Vous êtes très beaux mais pas très rapides. Faudrait voir à avancer un peu...





En route vers le restaurant en traversant la Plaza de l'Almoina et en laissant la cathédrale de Valence derrière nous.





À force de vivre dans un monde virtuel, on finirait par voir des trucs bizarres partout. Ce serait quand même pas Elvis Presley ressuscité qui se déhanche devant un micro sur le toit de la basilique de la Virgen de los Desemparados de l'autre côté de la place??? Heu non... même pas un chanteur de rock lambda. Juste un laveur de tuiles... La réalité est parfois décevante...





Tiens, voilà la pluie qui revient et Virginie qui ressort son parapluie. Ceci n'est pas un parapluie Virginie. Ceci n'est pas une pipe non plus... comme dirait Magritte. Mais ceci est très gênant!!!!!!!! Et ce blog va finir par être interdit aux mineurs... C'est vraiment surréaliste!!!!





C'est vrai que les images peuvent prêter à toutes sortes d'interprétations. Voilà Virginie encore, décidément, en pleine extase devant un arbre et une poubelle, son "parapluie rose" sous le bras. Comme pour Saint Nicolas tout à l'heure, nous n'en saurons pas plus... Mais tu devrais changer de parapluiiiiiiiiiiiiiiiie Virginiiiiiiiiiiiiiiiiie!





Trève de grivoiserie graveleuse de bas étage.... Nous voici comme par enchantement au Birlibirloque, notre adresse favorite à Valence. Et comme d'habitude, nous voici enchantés. C'est bon, c'est rapide, l'accueil est sympathique, le rapport qualité prix est tout à fait correct. Et en prime, les aventures coquines de Virginie à l'insu de son plein gré nous ont bien fait rigoler...





C'est donc doublement repus que nous reprenons notre bus pour rejoindre le musée Bombas Gens où nous embarquerons sur le Titanic pour sa dernière croisière... virtuelle.





Installé dans une ancienne usine de fabrication de pompes hydrauliques construite en 1930 et transformée pendant la guerre civile en usine de bombes par les républicains, le musée Bombas Gens s'auto-proclame Centre d'Arts Digitaux et se spécialise dans la création d'expositions immersives et audiovisuelles. Autant dire que les visiteurs que nous sommes ne vont pas se contenter d'être des spectateurs mais vont devoir participer, interagir et être de vrais acteurs. Pas de panique quand même... Aucun gilet de sauvetage n'est prévu, donc l'immersion devrait être toute relative et s'entendre au sens figuré! Ouf!!!!





Mais quand même... Il parait que l'ambulance toutes sirènes dehors qui nous a dépassés peu de temps avant d'arriver, avait été appelée par le musée après qu'un visiteur soit tombé dans les pommes. Réellement, pas virtuellement...

Il faut dire que ça fait peur ces schtroumfs zombies hydrocéphales, muets et plongés dans un monde invisible qui leur fait lever la tête, la tourner dans un sens puis dans l'autre, la baisser et recommencer...




Eux seuls savent qu'ils regardent et écoutent 3 des musiciens de l'orchestre jouer tandis que le bateau sombre et s'enfonce inexorablement. Jusqu'à ce qu'une voix leur dise que c'est fini et qu'ils peuvent enlever leur casque. Et alors...





Oooooh Nicole!!!!Tu as l'air de quelqu'un qui revient de loin... ou de profond peut-être!!!





Et sinon, dès la fin de la construction du Titanic (dont le grand frère l'Olympic vient d'être terminé)...





... on peut s'imaginer prendre la queue qui se forme à droite pour embarquer sur le paquebot gigantesque en 3ème classe (mais je n'ai vu nulle part Leonardo), 2ème ou mieux 1ère classe.





Et bien installés sur le pont, vivre la traversée...





... batifoler avec les mouettes




et frayer avec certains personnages de 3ème classe




... jusqu'à la collision...





... l'avarie signalée par la cloche en pleine nuit





... la montée des eaux dans le grand escalier jusqu'aux étages les plus élevés





et la disparition du bateau. Des images parfois très réalistes et parfois plus poétiques. Mais une plongée dans le temps et la mer qui ne laisse pas indifférent.





Jusqu'ici, aucun malaise à déplorer. Mais le meilleur et le plus étonnant restent à venir. Nous allons rentrer littéralement dans le monde virtuel, d'abord du sous-marin qui en 1985 a retrouvé et difficilement exploré l'épave du Titanic échoué à 4000 mètres de profondeur, puis traverser certaines parties du bateau avant sa rencontre avec son iceberg fatal et son naufrage. Et cette fois, pas question de rester le cul sur une chaise. Il faut marcher, passer des portes en attendant qu'elles s'ouvrent, éviter de rentrer dans les murs en s'écartant de tout ce qui s'affiche en rouge. Regarder derrière les parois vitrées d'un sous-marin la fosse marine et les formes fantômatiques de l'épave, et éprouver le vertige des profondeurs. Puis jouer les voyeurs invisibles en partageant, à leur insu, l'intimité et quelques instants de vie de passagers du Titanic, encore bien vivants, dans leurs cabines, la salle de bal et sur le pont. Nous sommes là aussi, nous et ceux qui plongent dans le métavers en même temps. Chacun se transforme pour les autres en curieux assemblage de boudins vert pomme, en espèce de petit bonhomme en mousse et en kit. L'illusion est parfaite. Elle conditionne et trompe en beauté notre cerveau jusqu'à nous faire passer les portes à toute vitesse de peur qu'elles ne se referment sur nous, et à chercher celle qui s'ouvrira la première pour nous permettre de continuer notre chemin... Mais lorsque l'expérience se termine et que nous retirons le casque... voilà la réalité!





Personne d'entre nous, hélas, n'a pensé à photographier ceux qui étaient encore "dans le bateau". Henri-Claude et moi n'avons même pas songé à les regarder évoluer. D'autres, comme Marie-Claire, et Virginie, ont bien rigolé en observant quelques "rats de laboratoire", dont je tairai le nom, lever les pieds pour franchir des seuils, pousser des portes avec la main et écouter des personnages invisibles.

Rien que pour le faire aussi, je serais capable de revenir voir cette expo... En attendant, il faudra vous contenter de cette photo volée sur le site du musée...

Ni nausées ni évanouissement mais une des participantes a préféré zapper cette traversée dans le métavers, assez déstabilisante mais franchement insolite et rigolote...

Henri-Claude l'a faite au pas de course, tellement obsédé par le fait d'avancer qu'il n'a pas profité de la visite et des saynètes. Et j'avoue que j'ai un peu flippé au début, de peur de le perdre.... Quand je vous disais que le cerveau se laisse complètement manipuler... Dingue non?

Par contre, ça (Henri-Claude rasé de près), on n'y croit pas une seconde...




Et voilà, la légende du Titanic c'est fini. La journée à Valence aussi... On a quitté le paquebot pour le bus et le capitaine du bateau pour Jose-el-tonto, tout content d'avoir réussi à faire fonctionner le chauffage. Résultat, il a fait tellement chaud sous les trombes d'eau du retour que les vitres se sont totalement embuées et que certaines ont été à deux doigts de s'évanouir de chaleur.





À suivre et vive les bus insubmersibles et les chauffeurs virtuels!

 
 
 

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